Page 12 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          D'interminables conciliabules téléphoniques aident à soutenir
          les trop longues séparations. Les journées, les soirées, les nuits
          parfois ne  suffisent pas pour  contenir leur  besoin  de se
          connaître mieux. Quand, enfin, ils peuvent se  serrer dans les
          bras l'un de l'autre, le spectacle qu'ils offrent émeut Mamaq',
          leur complice.
          L'amour prend son temps pour se déclarer. Il se façonne et se
          consolide en douceur... et profondeur.

          ***
          La  naissance  d'un  bouton de fleur, dans une aurore
          frissonnante, salue leur premier baiser. Celui-ci, volé sous la
          pluie, a, un je ne sais  quoi, de "roman-feuilleton" que Sally
          connaît bien pour avoir, tant de fois, espéré devant ces images
          romancées, construire sa réalité.
          Tout éberlué par son audace, Renaud s'excuse presque de sa
          fougueuse et inattendue impulsion. L'encouragement de sa
          partenaire lui fait oublier son embarras et l'incite à continuer. À
          poursuivre jusqu'à ce que, sans ambages, il  lui déclare son
          amour.
          Bien qu'espérant cet instant depuis le premier jour de leur
          rencontre, cette soudaine déclaration la surprend, tant elle croit
          rêver. Timidement, elle lui dit :
          - Vraiment ?
          Plus très sûr de la réciprocité de leurs sentiments, il bafouille :
          - Pas toi ?
          - Oh ! Si.
          Il l'enlace  à l'étouffer. Leur bonheur ravit les flâneurs qui
          longent les bords de Seine. Yeux dans les yeux, lèvres contre
          lèvres, main dans la main, ils sont seuls au monde et la pluie,
          crachin d'imperceptibles gouttelettes, ne les dérange pas.
          -  C'est comme dans les films, pense-t-elle. Je dois être sur une
          autre planète.  À  moi, c'est à  moi qu'une chose aussi
          merveilleuse arrive !! Avec Renaud, si beau, si fort !
          Son corps, tendrement présent entre ses bras, sa bouche,
          divinement embrassée et toutes ces belles phrases, prononcées
          dans le creux de son oreille, font disparaître ses appréhension
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