Page 17 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          verres vides.
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          Les corolles éclosent dès l'aurore. Sally s'épanouit dans les bras
          de Renaud. Pour cette première expérience, elle ne sait dire si
          cela fut bon ou pas. Elle a aimé... certes... mais au cinéma, ils
          ont l'air plus...
          Ses réflexions sont  interrompues par les baisers ardents  de
          Renaud. Son corps chaudement accueillant l'étreint à nouveau.
          Elle s'abandonne.
          Repus et fatigués,  ils dévorent un  paquet de  bonbons. Des
          questions heurtent la curiosité de notre ingénue :
          - L'as-tu souvent fait ?
          -   Non,  pas  trop,   répond-t-il  honnêtement.   Tout  de   même
          suffisamment pour ne pas être... heu... disons, maladroit, n'est-
          ce pas ?, souligne-t-il hâbleur.
          Dans le noir, il ne voit pas l'hésitation de son aimée :
          -  Je suis comblée !, avoue-t-elle en retenant tout superlatif qui
          la mettrait dans l'embarras.
          Curieuse inapaisée, mais discrète, elle n'ose poser de questions
          sur ces "vertueuses" demoiselles qui ont su donner leur corps et
          leur savoir pour habiliter cet éphèbe  à prodiguer ses
          connaissances sur elle.
          D'ailleurs il est midi. La chambre doit être libérée. Sans plaisir,
          ils s'habillent et quittent l'hôtel.
          Dès que le seuil est franchi, Sally sent monter en elle l'étrange
          sentiment d'être différente. D'être une FEMME !
          Des images, des mots, des émotions lui reviennent en mémoire
          :
          - Maman, j'ai mes règles !
          Quels inoubliables  instants ! Quelle fierté de connaître le
          passage épanouissant de la femme-enfant !
          Elle se souvient du sourire de sa mère et du ton solennel qu'elle
          avait pris  pour en informer son père. Cette intimité trop
          librement dévoilée l'avait quelque peu ébranlée... Aujourd'hui,
          ce n'est pas pareil, sa mère ignore encore sa relation... Elle doit
          se taire.
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