Page 48 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          exister, elle se vit...
          Fébrilement, intensément, amoureusement, le jeune  couple
          s'épanouit sur la  route de l'avenir. Ils conjuguent avec
          intelligence être et ne pas être et deviennent égoïstes dans ces
          moments de suprême bonheur. Le temps cesse d'avoir  ses
          raisons d'obligeantes gentillesses pour autrui, et, à l'unisson, ils
          se donnent corps et âmes.
          Quelquefois, ils  émergent de  leur nid pour  leurs amis ou se
          rendent auprès de leurs parents, pour très vite s'enfermer à
          nouveau dans un monde qui n'appartient qu'à eux.
          Il se brûle les ailes à ne voir que par Elle. Elle se donne sans
          ennui pour n'être qu'à Lui.
          Alors, ils donnent envie...
          Diane et Tom se revoient souvent depuis la dernière valse,
          dansée au mariage. Ils avaient même pris leur petit déjeuner,
          comme les mariés, dans l'intimité d'une chambre d'Hôtel, près
          de Saint-Germain-en-Laye.
          Leurs sentiments,  étouffés, depuis vingt ans, n'ont plus de
          retenue et  se libèrent  de cette servitude enchaînée à  leur
          solitude.
          Leurs rencontres s'étirent sans points de suspension et leur
          amour s ' avoue avec des points d ' exclam ation sans que nul
          point d'interrogation ne soulève une ombre d'incertitude...
          D'autres amis suivent  leurs  traces  et s'effacent dans l'espace
          pour vivre libres leurs délires.

          Alors, ils créent des jalousies...
          Florentin surveille d'un mauvais oeil la béate euphorie de son
          ami. Clara ne comble pas le manque de l'autre. De cet homme
          complice de ses malices, de ce garçon gentil aux mille pardons.
          Tel un prédateur, il est à l'affût, épiant sa proie. // cessera bien
          un jour cet abandon ! Il reviendra vers moi se distraire de cette
          oie, s'acharne-t-il à croire.
          Il la déteste tant cette fille facile qui, mégère, lui a volé son
          compère. Il la trouve sans gêne d'étaler ainsi sa vie de reine !
          Reine... C'est aussi ce que pense Sally, chaque matin badin, "Je
          suis une reine /"
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