Page 44 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Tom s'efface quelques instants devant la peine de sa fille, puis,
il lui dit calmement :
- Pas comme tout le monde, ma fille ! Lui, boit trop, a une
mère possessive, un ami envahissant, c'est un homme fragile, je
te le concède, mais faible, dépendant...
- Arrête, Papa ! Sinon je ne sais plus où m'enfuir, si tu
continues ! À Paris, je vais mal, ici, cela devient infernal...
- Ailleurs, ma chérie, ce sera pareil, car tu te poses trop de
questions sans avoir envie d'entendre les réponses !
Les lèvres pincées, entêtée, Sally ne contre-attaque pas. Tom
respecte son silence et propose d'aller faire des courses en ville.
Elle acquiesce de la tête. Oublier les soucis... Demain !!...
***
*
Pour un mariage sans nuages, il faut une alliance et
l'insouciance, une robe blanche et des costumes du dimanche,
des gerbes de fleurs et du riz pour le bonheur... N'oublions pas
les faveurs du traiteur, la musique électrique et enfin, l'échange
sous les archanges des fervents serments.
À la fenêtre, Tom observe le ciel. Le soleil, querelleur,
éclabousse de ses rayons l'immensité bleutée. Pas l'ombre d'une
nébuleuse grisaille, pas la moindre menace de giboulée î Aucun
signe prometteur qui égaierait l'humeur superstitieuse du père
de la mariée.
Diane entre. Distrait, Tom tourne la tête :
- Mariage pluvieux, mariage heureux ! Quelle bonne blague !
Tu as vu le temps qu'il fait !
- Tom ! Cesse de te lamenter ! Ne gâche pas le bonheur de
notre fille par des irrévérencieuses croyances qui ne sont pas
dignes d'un fidèle comme toi. Qu'en penserait ton frère s'il te
voyait dans cet état !
- Tu parles de bonheur, moi, je pense folie... Il ne lui laisse pas
le temps de répondre :
- Sais-tu que tu es très belle ! J'espère que tu accepteras de
danser avec moi ce soir ?
- Et moi, m'inviteras-tu ?
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