Page 42 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Bonne chance, alors ! lui répond-il gravement.
* *
*
Ce soir, en compagnie d'Oncle William, venu bénir sa bague de
fiançailles, elle s'envole pour l'Angleterre.
Encore marquée par les paroles du cousin Gus, elle a décidé de
prendre un peu de recul avant la cérémonie. Le mariage est fixé
dans quinze jours. Les préparatifs se font sans elle, ainsi l'ont
désiré les mères. Tom, l'attend à Londres et reviendra avec elle
pour la date fatidique, quant à Renaud, il n'a pas posé de
questions sur son départ précipité.
L'avion décolle. L'oncle et la nièce se détendent.
- Est-ce vrai, Oncle William que tu as été amoureux de Maman
?
- Je vois que ta marraine a été bavarde î
- J'avais besoin d'écouter des jolies histoires d'amour...
- Ah ! Parce que la mienne en est une ?
- Elle est belle puisqu'elle n'a jamais été décevante !
- Mais dis-moi, tu es bien grave pour une future mariée.
Aurais-tu peur ?
- Ne parlons pas de moi. Raconte-moi, toi et Maman.
- Il n'y a jamais eu de "Maman" dans mon histoire, il n'y a eu
que moi.
- Tu t'en souviens ?
- Tu sauras, mon enfant, que plus on vieillit, plus les souvenirs
anciens viennent hanter nos mémoires. De parler si longuement
avec ta mère m'a rajeuni de vingt ans !
- Tu l'aimes toujours ?
- Aimer !... Ce mot a le goût du passé ! bien qu'encore
aujourd'hui, devant elle, mes plaies se soient réouvertes... Vingt
ans de souffrances et de purgation n'ont pas suffit à l'oublier.
Peut-on un jour cicatriser autant d'amour ?
Sally n'ose l'interrompre, il poursuit :
- Quelles luttes incessantes ai-je dû endurer à voir tes parents
s'aimer ainsi ! Son rire fusait dans la maison comme un feu d1
artifice !... Son franc-parler émoussait les fourberies
et médisances d'un voisinage hostile à sa présence
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