Page 38 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Eh oui, ma chère, on ne vole pas une idole aussi facilement !
- De mieux en mieux, surenchérit Sally, j'en ai froid dans le
dos. Clara, l'amie de Florentin vient se pendre à son cou.
- Tu vois cette fille, c'est la seule qui supporte Florentin, alors
il la garde.
- Tu parles d'un amour !
- Je ne t'ai pas parlé d'amour non plus !
- Quel bonhomme odieux ! Comment Renaud supporte-t-il ce
type ?
- Parce qu'il en est ainsi depuis toujours ! Florentin pleure,
Renaud le console. Florentin rit, Renaud est heureux.
- Ils s'aiment en quelque sorte, dit tristement Sally.
- Tu ne vas pas être jalouse à ton tour ! rit Joséphé.
Assis pas très loin d'elles, Gus écoute leur dialogue. Il est saoul
et la langue bien pendue :
- Moi, ma poule, si j'étais toi je prendrais mes jambes à mon
cou et je filerais d'ici sans me retourner !
- Pourquoi ?
- Ne l'écoute pas Sally, il a le don de la tragédie !
A l'aube, après la soupe à l'oignon, Sally souhaite
être raccompagnée chez elle.
Florentin s'approche du jeune couple :
- Ta fiancée est merveilleuse, mon meilleur ami, insiste-t-il sur
la phrase. Je me sens poète rien qu'en posant mes yeux sur elle.
Oui, vraiment charmante... la rosée du matin, l'arbre en fleur, le
vert de la nature, le bleu de la mer... Ta fiancée en somme !! Il
titube. Renaud le retient.
Puis il continue :
- Clara, ma Clara, elle... elle est mignonne, facile, gentille,
riche... la mienne quoi ! J'allais oublier le principal, elle fait
bien l'amour, et vous ?
- Moi ? Je vous dis bonsoir Florentin... et arrêtez vos
grotesques démonstrations de jalousie, vous êtes ridicule !
Interloqué par l'agressivité soudaine de la jeune femme, il
susurre des excuses prétextant la peur, la tristesse, la solitude.
Sans en avoir l'air, il lui apprend que son cher amour avait eu
une vie noctambule et libertine avant de faire sa connaissance.
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