Page 35 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Frappant timidement  à la porte, elle attend quelques  instants
          sans que personne ne vienne lui ouvrir. Sans courage, mais par
          obligation,
          elle se décide à entrer. Dès qu'elle franchit le seuil du vestibule,
          les pulsations de son coeur s'accélèrent. Défaillante devant le
          déferlement d'enthousiasme galvanisé par une soirée déjà bien
          échauffée, elle hésite à s'avancer plus en avant.
          Toujours sur ses gardes, elle reste là en observatrice. Garçons
          et filles  semblent parfaitement se connaître,  ils ont  tous un
          verre à la main, crient, gesticulent, s'apostrophent, dansent. Un
          groupe attire son attention, il  entoure Marjorie qui vient de
          déposer sur le buffet des plateaux de petits fours. Elle est, à son
          aise parmi ces joyeux drilles, persuadée d'être indispensable.
          Sally tend son cou pour tenter un aperçu plus approfondi des
          lieux, à  la  recherche de Renaud, quand une main saisit  la
          sienne :
          - Vous êtes, j'en suis sûre, la fiancée ?!!
          - C'est exact. Et vous ?
          -  Joséphé... comme disent mes amis "La potelée empotée de
          Joséphé" !... avec l'accent !
          - Etes-vous certaine que ce sont de vrais amis, blague Sally.
          - Je les aime ainsi, que voulez-vous ! Venez, je vais vous aider
          à vous frayer un chemin. Tous ces gens sont venus pour vous
          voir. Nous étions impatients de vous rencontrer !
          - Vous ne me rassurez guère ! panique Sally.
          - Allons, une telle réception en votre honneur,  vous devriez en
          être fière !
          - Je me serais volontiers contentée d'un petit bistrot au coin de
          la rue.
          - Soyez plus exigeante, Renaud a les moyens !
          - Nous nous aimons... -Et alors !?
          Bousculées, elles ont du mal à poursuivre leur conversation.
          Sally aperçoit Renaud, en grande discussion avec un homme de
          petite stature à la prestance noble, mais belliqueuse. De dos, sa
          chevelure, longue et épaisse, recouvrant le col de son veston,
          écrase lourdement la largeur de ses épaules, quant à ses mains,
          enfouies dans les poches de son pantalon, elles accentuent son
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