Page 31 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          - Seulement ! Sois sincère, tu ne le trouves pas beau ?
          -  La beauté n'est pas tout ce qui fait qu'une personne est bien
          ou pas ! Tu l'aimes passionnément, ça se  voit,  mais cette
          flamme ne brûlera pas éternellement et... peut-être qu'un jour tu
          regretteras ton manque de ...
          - Que veux-tu dire ?
          -  Que vous avez envisagé de vous marier un peu trop
          rapidement. Ne crois-tu pas qu'il serait plus raisonnable
          d'apprendre  à mieux vous  connaître,  aussi  bien  dans vos
          goûts,  vos  défauts,  vos qualités...
          - Nous nous aimons profondément, n'est-ce pas déjà beaucoup
          ?
          - Si, ma chérie, si... Il a du mal à trouver les mots adéquats. Sa
          gêne est évidente, Sally veut l'ignorer  en détournant son
          attention.
          D'une pirouette, elle  lui fait face  à nouveau, son ton est
          ironique :
          - Ne me parle pas de toi ni de Maman, je t'en prie ! Veux-tu
          que je te rappelle la façon dont j'ai été éduquée ?
          - Pourquoi...
          -  Ma vie a été vécue entre la prudence et la rigueur en France,
          avec Maman. Chez toi,  j'ai plus connu l'absence et... un peu
          trop de réserve... Il n'y a qu'avec Marraine où mon existence
          était à peu près normale. Je vais vivre à ma façon, comme ça, si
          je me trompe de route, je n'aurai rien à vous reprocher. Je me
          battrai pour réussir mon mariage, en dépit de tout...
          - Tu vois que...
          - Papa ! Nous allons bientôt partir et je n'ai pas envie de gâcher
          ces instants, n'en parlons plus,  d'accord  ?, dit-elle avec
          lassitude.
          Tom se tait puis sort de la chambre.
          Restée seule, elle s'effondre dans le  fauteuil, triste de  la
          réaction de son père. Elle attendait de sa part un soutien pour
          affronter sa mère.
          - Coucou ! C'est Renaud. Elle se jette à son cou :
          -  Prends-moi dans tes bras... Je voudrais être à Paris et être ta
          femme !
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