Page 26 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Mon fils nous a parlé si souvent de vous que nous étions fort
pressés, mon mari et moi, de faire votre connaissance ! N'est-ce
pas Alfred ?
- Oui, ma chère enfant, il n'a que vous à la bouche... au grand
désespoir de ma femme...
- Alfred ! Enfin !, s'esclaffe Marjorie, rouge de confusion.
Oh ! Les éclairs dans les yeux de la mégère ! ! Sally ne les
oubliera pas de si tôt !
Pour faire diversion, Alfred reprend :
- Il nous avait également parlé de votre beauté, permettez-moi
d'adhérer à son admiration, vous êtes exquise ! N'est-ce pas
Marjorie ?
- Vous me flattez, cher Monsieur, mais pitié, changeons de
sujet de conversation !
Les regards échangés entre les deux femmes ne laissent aucun
doute, leurs relations seront bien difficiles à gérer, que ce soit
pour Renaud ou encore pour Sally. Elle, s'en moque
éperdument, Renaud à ses côtés suffira pour son bonheur.
Alfred, plus compréhensif, sera, elle n'en doute pas un allié
précieux les jours de tension.
Un grand brouhaha dégèle l'atmosphère, le restant de la famille
débarque. À coups de cris, pour les plus petits, d'éclats de voix
pour les aînés.
Le bruit cesse dès qu'ils aperçoivent Sally, au fond de la pièce,
discutant avec leur frère.
Marjorie insiste :
- Nous n'avons pas encore pris le café !
- Angeline se fera un plaisir de nous le réchauffer, ne t'inquiète
pas.
Sally jubile de ce "contre-ut" jugulé avec tact par Alfred et
efface son effroi devant le rictus malsain de Marjorie.
- Ma femme ne vous facilitera pas la vie, dit Alfred à brûle-
pourpoint en descendant les marches du perron, elle est d'une
jalousie féroce !
Sally l'a compris depuis bien longtemps, mais sa réponse ne
s'accorde pas avec ses pensées :
-Je serai une mère un jour, je vais donc tâcher d'être indulgente.
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