Page 24 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
rêves les plus fous cet instant présent et voilà qu'il se réalise.
Aussi beau.
Une émeraude, sertie de diamants, s'offre sur le velours noir.
Ne plus attendre. II lui passe la bague au doigt... Avant la
prochaine...
Ensemble, ils admirent le joyau, reconnaissance de leur
engagement.
Une fois l'exaltation passée, cette bague, pourtant si
magnifique, procure à Sally un léger malaise. Elle se sent
dépossédée de son indépendance, ou plus déroutant, elle a
l'impression d'être entrée dans une spirale infernale. Pourquoi ?
Cherche-t-elle au fond de son âme. L'explication s'impose tout
naturellement.
- Et si nous trinquions à présent ?
- Et si je t'offrais plutôt ma modeste personne, lui répond-t-elle,
féline.
- Non, mon Amour, rétorque Renaud gravement. J'ai pris la
décision d'attendre le soir de notre mariage pour te posséder à
nouveau. Que notre nuit de noces soit le démarrage d'une
nouvelle existence. Que tout soit merveilleux et pur. Je
patienterai fébrilement, je l'avoue... et toi, mon cher ange, tu
feras de même !...
- D'accord ! Je suis épatée par ta décision, et souhaite autant
que toi réussir cette fameuse nuit... Pourquoi ne m'épouses-tu
pas demain, minaude-t-elle.
L'homme, son père, s'avance en premier. Débonnaire, il déploie
les bras et l'accueille chaleureusement. Sally comprend le
message "Je suis avec vous, ne craignez rien".
Elle, sa mère, à l'écart, en profite pour détailler, en femelle
ridicule, cette rivale potentielle... qu'elle estime, sans
hésitation, trop jolie à son goût.
Après l'examen obligatoire, elle descend de son poste
d'observation et se penche vers Sally. La poignée de main,
molle et froide, retenue de tout débordement n'étonne guère la
future bru. C'est donc sans surprise qu'elle lui rend la politesse.
Toutefois, le malaise s'amplifie quand elle la voit s'approprier,
avec défi, le bras de son fils. Le père de Renaud a beau la
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