Page 30 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Il les prend par les épaules en les entraînant vers la voiture.
Dès leur arrivée, Oncle William est là. Le frère de Tom. Un
pasteur. Il l'aime, cette petite, comme si c'était la sienne, autant
qu'il avait pu aimer sa mère, Diane, au temps de leur jeunesse
et puis, elle lui ressemble...
Sally abandonne les trois hommes pour se précipiter dans sa
chambre. Cette pièce, encore chargée de son enfance, embaume
toujours, après ces années, les parfums d'antan, empreintes de
la phobie d'une coquette gamine. Les robes des poupées, les
coussins, les murs, fleurent bon ces douces fragrances de la
rosé et du muguet, aussi ces essences plus suaves volées à sa
mère ou à sa tante.
II émane de ces lieux, un bonheur trop souvent interrompu par
les dures réalités de la vie qui s'achevait, en ce temps là, avec
l'été.
On frappe à la porte, c'est Renaud. Elle lui prend les mains et
referme la porte derrière eux :
- Voilà mon petit bonheur, dit-elle en montrant, d'un geste large
la chambre. Tout y est comme avant... avec toi en plus.
Renaud la serre contre lui :
- Te rends-tu compte que c'est la dernière fois que tu couches
seule dans ce lit, ma chérie ?
Elle n'a pas l'occasion de répondre, Tom frappe à la porte...
Les deuxjours ont passé trop vite. Déjà il faut repartir pour
Paris. Cette fois, la traversée de la Manche se fait par la mer,
un caprice de jeune fille.
L'accueil de Tom avait été spontané et chaleureux, pourtant,
leur départ le rend réservé et soucieux.
L'ont-ils remarqué ? Renaud n'en laisse rien paraître et Sally
joue de ses nombreuses facettes qu'elle manipule habilement.
Tom ne s'y trompe pas, sa fille n'est pas à l'aise.
- Ma chérie, puis-je entrer ?
- Oh ! Papa ! Oui, je t'en prie, entre... je ferme ma valise. Elle
s'assoit sur ses genoux :
- Alors, Papa, dis-moi... Quelle impression t'a fait mon futur
mari ?
- Charmant !
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