Page 41 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Tu ne m'avais pas dit l'autre soir que ma chère belle-mère
serait aussi redoutable que Florentin !
Joséphé lève les yeux au ciel :
- Ma pauvre amie, elle est pire ! C'est elle qui les a poussés
dans les bras l'un de l'autre. Elle avait remarqué que
Florentin s'accrochait sans cesse aux pas de son fils. Il l'imitait,
l'embrassait, lui donnait ses jouets, pleurait dès qu'il s'éloignait.
Enfin, en bref, elle était flattée de voir ce fils d'Ambassadeur,
s'accrocher les faveurs du sien. Elle ne l'a plus lâché. En
vacances, en week-end, à Noël, le petit Florentin suivit la
famille. Puis, ils ont grandi ! Toujours pendus aux basques de
l'autre, avec Maman Marjorie derrière. Puis, ils ont encore
poussé, ces grands dadais, mais cette fois, là où il ne fallait pas,
dans leurs malices puis dans leurs vices. Elle a tout supporté
pour ne rien ignorer. Elle devint leur confidente en supervisant
l'attachement des deux adolescents. Quand ils furent des grands
garçons, les filles, les noubas, les beuveries, tout ça se faisait
avec le consentement de Maman Marjorie. Jusqu'à toi, ma
chérie ! Le grain de sable !
Sally n'en revient pas.
- Y a-t-il encore des choses que j'ignore ? Au point où nous en
sommes...
Joséphé élude la question et lui conseille de vivre les moments
présents. Après, comme elle lui dit, "qui peut-être sûr de
demain" !!
Gus, derrière la porte a suivi la conversation. Encore cette fois,
il va dire la phrase indésirable :
- Moi, ma poule, je te conseille de surveiller ton mari avant
qu'il ne devienne pédéraste !
- Décidément, vous êtes bien amer, Gus ! C'est la deuxième
fois que vous me mettez en garde. Dois-je comprendre que
vous voulez mon bien où est-ce par dépit ?
- Vous êtes trop bien pour eux, ils vont vous salir et je n'aime
pas qu ' on abîme les jolies choses...
- Vos paroles me touchent beaucoup, merci... Puis, elle dit
avant de refermer la porte :
- Mais vous vous trompez, Renaud n'est pas Florentin !
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