Page 49 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Renaud la couvre de présents et de pressantes attentions. Elle
oeuvre pour sa maturité afin de perpétrer leur félicité, en
jouissant des biens matériels qui lui sont offerts. Elle se sent
femme en Dior, s'exhibe en Cartier, est prestige dans la Rolls,
parfumée en fragrances de Coco.
Dans l'attente d'une maternité, souveraineté du ventre de la
femme, elle sculpte son corps et son coeur dans l'allégeance de
ses modestes racines.
Marjorie aussi se morfond dans sa grande maison. Elle crève
de l'ingratitude de ce fils chéri, confiné dans sa vie. Pourquoi
ne vient-il plus lui confier ses secrets ? Comme auparavant...
Est-ce possible qu'il oublie de venir les lui dire ?
Ne le laissait-elle pas se dévergonder pour mieux le garder ?
N'était-elle pas l'instigatrice de ses vices pour exister ?
À présent, la sagesse de Renaud n'a plus besoin de maîtresse et
ses attentes n'ont pas besoin d'une confidente.
Elle en veut à cette bru d'être aussi pure ! Un jour, peut-être,
reviendra-t-il pleurer dans ses bras ? Si ce n'est pas pour
demain, elle attendra !
Attendre d'autres vies, pense Sally pour qui ces jours heureux
ne cesseront jamais.
Les nuits et les matins connaissent, sans ennui, les petits câlins.
Ils se donnent, entre les clients et les déplacements, les fleurs et
les paperasseries, chaque minute de leur existence. Prévenances
dignement récompensées les soirs des retrouvailles.
La passion...
Elle vibre, comme des cordes de violon sur une musique
tzigane. À la souffrance de l'absence, à la noblesse de leur
tendresse, à leurs épousailles sans faille !
Comment ne pas imaginer partager ces violentes émotions !
C'est décidé, aujourd'hui, nos amoureux restent dans leur
chambre. La période, propice à satisfaire une grossesse, les
rendent indisponibles à toute autre activité que "physique"...
* *
*
Ce matin, Sally s'impatiente... Le test précise, "cinq minutes
d'attente..." Cinq petites minutes pour savoir si, prochainement,
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