Page 200 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          temps de notre vie commune... avant Rio... mais aussi fragile et
          malheureux... qu'à Rio... Il m'a tendu les mains, je les  ai
          saisies... Non, je m'y suis accrochée ! Nous sommes restés sans
          parler... en parfaite communion. Puis, ses lèvres ont remué, il
          m'a dit m'aimer, être malheureux du gâchis de ma vie. Je lui ai
          accordé mon pardon, il a souri en me remerciant... Sa voix était
          faible ! D a été bavard jusqu'à ce que Florentin se manifeste,
          j'ai voulu l'éloigner de nous en l'injuriant, Renaud a calmé ma
          fureur, m'assurant que cette tragédie était terminée...
          Sally poursuit tout en pleurant :
          - Je lui ai demandé comment pouvait-on se débarrasser d'un tel
          monstre ? Il a souri, un sourire si triste !...
          Les larmes ruissellent sur  les  joues de  Sally, le menton
          tremblotant, les lèvre lippues, elle ne peut contenir son chagrin
          :
          - Il m'a dit partir avec Florentin dans les affres des damnés pour
          expier leurs péchés, j'ai tenté de le dissuader, lui rappelant sa
          bonté. Il n'a rien voulu entendre, sinon me rétorquer que de là
          viendrait mon salut et que son  amour, si maladroitement
          prouvé sur terre, valait largement ce sacrifice...
          Sa voix est de plus en plus enrouée, Garibaldi tend l'oreille et
          s'agenouille, accoudé sur le lit. Elle continue :
          - Florentin est revenu, obstiné, il venait le chercher. Nous nous
          sommes fait nos adieux... A peine, s'étaient-ils évaporés que je
          me suis sentie apaisée, délivrée, vivante... J'ai soulevé  mes
          paupières... Tu étais là, proche de moi...
          Garibaldi, encore méfiant, consent difficilement à accorder sa
          confiance :
          - D'habitude...
          - Non, Garibaldi... Sois assuré que Renaud m'a sauvé la vie !...
          Je suis guérie.
          Combien d'affligeantes soumissions avant l'affirmation de leur
          droit au bonheur ! Garibaldi, le plus marqué par cette terrible
          épreuve, est secoué de tremblements. Il cherche encore la
          faille,  mais le calme désarmant de Sally le force à croire
          qu'enfin est venu le temps des douces saisons...
          - Viens, lui dit-il.
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