Page 199 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
P. 199

Violeurs d'Ame


          souffrance. Et sa déception, devant ce père réticent, à donner sa
          bénédiction ?
          Pourquoi n'avait-il pas aimé Renaud ? Elle avait tant souffert !
          Elle avait eu l'idiotie de croire que c'était par  jalousie... Elle
          l'avait même cru avec délice, certaines fois...
          Si elle avait été élevée auprès de  lui, aurait-elle choisi cet
          homme ? Ne l'aurait-il pas aidée à éviter les leurres ? S'était-
          elle obstinée pour le narguer, pour se venger ? Ou bien pour le
          décevoir, comme elle le fut elle-même ?
          Recommencer à zéro.  Ne plus se tromper...  Garibaldi ne
          ressemble qu'à Garibaldi. Il est  son amour, son amant, son
          père... Il est présent... tellement présent.
          Si oncle William a raison, sa renaissance ne va plus tarder. Elle
          l'attend, sereine. Renaud ne peut avoir menti.
          Tom vient l'embrasser.
          -  Un jour,  Papa, tu m'as dit que la fuite de  Renaud était la
          première chose sensée qu'il faisait... Si cette fois, il me sauve
          de l'emprise maligne de Florentin, je veux que tu aies le
          courage de reconnaître que c'était un garçon très bien !
          - J'en suis déjà persuadé, ma chérie. Renaud est quelqu'un de
          BIEN !
          Diane, son  oncle et Garibaldi viendront  les  rejoindre avant
          qu'elle ne s'endorme.
          Le miracle se produit cette nuit-là.
          Comme il  le fait tous les soirs,  avant d'aller se coucher,
          Garibaldi s'assoit auprès de Sally, dans un fauteuil, et observe
          l'agitation de son sommeil.
          Ses joues sont brûlantes, la sueur perle sur  son front.  De
          timides plaintes crispent ses traits, puis elle s'apaise.
          Profondément épris, il  ne peut s'empêcher de l'admirer et de
          l'aimer. À son tour, dans l'inconfort du siège, il s'endort.
          Une main agrippe son genou. Il ouvre les yeux. Sally lui sourit
          :
          - C'est fini, dit-elle simplement.
          - Est-ce encore un rêve, celui que...
          - Hum ! Hum !
          - Renaud est vraiment venu me voir cette nuit. Tel qu'il était au
                                       196
   194   195   196   197   198   199   200   201   202