Page 194 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Pourquoi ce soudain soubresaut ? Pourquoi maintenant et pas
cinq minutes plus tôt ?
Offusquée d'être mise en cause dans son honnêteté, elle
pleurniche :
- C'est Florentin qui n'a pas voulu !
Garibaldi devient blême. Les poings serrés, ses phalanges
prêtes à se briser, il retient son souffle. Au nom de son neveu,
tout son corps s'électrise :
- Explique-toi ! dit-il le plus calmement possible. Mais c'est
plus fort que lui, il s'écrie :
- JE T'EN SUPPLIE... explique-toi !
- Je t'ai déjà dit que Florentin occupait mon corps ! dit-elle
excédée. Il est là, c'est tout !
Garibaldi, entêté, imperméable à toute sensiblerie, attend
qu'elle se confie :
- Au début...
- Quand ?
- Depuis notre retour de Rio... Elle se tait, il insiste.
- J'ai commencé à faire des rêves, tous les mêmes...
- Raconte-les moi !
Elle s'approche de lui, l'embrasse sur le nez et poursuit :
- Je voyais le visage de Florentin... Il était beau... détendu ! Il
m'a parlé avec une voix chaude et douce, sans agressivité, sans
sarcasme. J'en étais si agréablement surprise que je lui ai
demandé pourquoi il était si gentil. Il a ri en m'assurant que
désormais il en serait toujours ainsi. Que nous allions vivre en
parfaite harmonie... Que sa mission était de nous réunir à
nouveau Renaud et moi pour notre plus grand bonheur. Mais
comment ? m'inquiétais-je, "en montant au ciel", m'a-t-il
répondu.
Elle se tait un instant, boit une gorgée d'eau et reprend :
- J'ai pensé à toi et je lui ai confié ma peine de te quitter. Il m'a
rassurée en me jurant que toi aussi, très bientôt, tu nous
rejoindrais. Je l'ai remercié pour sa bonté puis j'ai voulu avoir
des nouvelles de Renaud... J'ai hurlé mon désir de le voir,
comme je le voyais lui...
Une larme coule le long de sa joue...
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