Page 190 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Tout va de travers. Des maux étranges affectent de plus en plus
          le comportement de Sally. Ses journées se passent mal et ses
          nuits la trouvent debout. Garibaldi la met en confiance pour des
          confidences, pensant que les séquelles  des chocs passés
          encombrent encore  sa  cervelle, mais il ne  tire d'elle, rien de
          plus que des mains suspendues dans des gestes exprimant son
          impuissance à comprendre.
          Il propose qu'un médecin l'examine, pour soulager ses craintes,
          pour la rassurer... Elle refuse net :
          - Florentin n'acceptera jamais qu'un homme me touche ! Cette
          phrase déclenche l'altercation salutaire pour des nerfs mis
          à rude épreuve depuis trop longtemps. Garibaldi explose.
          - Ah non !! Florentin est mort !! Tu ne vas pas lui mettre sur le
          dos ton mal de vivre ? Tu m'avais bien dit qu'après le Brésil, il
          fallait l'éliminer  ? Dieu l'a fait à notre place,  alors,  arrête de
          continuer d'entretenir son fantôme, dans ton esprit !
          - Mais il n'est pas que dans mon esprit, il est aussi dans mon
          corps... Il me fait mal !
          - Justement, ton mal est du ressort de la médecine, ton corps
          souffre, elle te guérira !, insiste Garibaldi, excédé.
          -  Si  tu  t'énerves  comme ça, je  vais pleurer ! gémit-elle.
          Garibaldi se radoucit :
          - N'en parlons plus pour l'instant, d'accord ?
          - D'accord, dit-elle en reniflant.
          - Installe-toi sur ce tabouret, je vais te peindre...
          - Tes pinceaux te manquent, hein ? Pourquoi n'allons-nous pas
          faire un tour au Jardin ? Cela fait si longtemps que nous n'y
          sommes pas allés !
          -  Depuis que  tu as eu la désagréable franchise de refuser de
          m'épouser ! se bute-t-il.
          - Je n'ai pas dit non ! Je t'ai simplement demandé d'attendre !
          Nuance ! répond-elle en souriant.
          Après cet après-midi passé au Jardin, ils y vont tous les jours. Il
          la peint dans le  grenier et la dessine au fusain au Jardin  des
          Artistes. Unique modèle, qu'il propose dans les galeries
          parisiennes. Un directeur aime et achète une de ses toiles, mais
          sa réflexion empêchera Garibaldi de savourer cette vente :
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