Page 185 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          et s'observent. Jetant la bière, il lui tend les mains. Envoûtée,
          elle répond à son appel et s'approche les mains derrière le dos.
          -  Mon amour, dit-il,  sans arrêt,  mon amour... Viens mon
          amour, dansons !
          Tourner à droite, la foule ramassée gêne la progression de
          Florentin. Tant pis, ils jouent des coudes et avance. Soudain,
          c'est le choc... Us les voient, au  bord du trottoir... au loin.
          Courir et les rejoindre...
          Marjorie est fatiguée. Elle ne sait plus par où aller. Le monde
          est partout.  Tourner à droite, peut-être que là... Florentin  !...
          Au-delà de  Florentin...  Des regards, des  corps se plaquent...
          Renaud et Sally... Vite...
          La musique joue des airs de samba, de bossa nova... La chaleur
          est torride, moite, épaisse. Leurs peaux se collent, leurs esprits
          s'échauffent. Ils ne se touchent pas, mais ils vacillent comme
          des toupies. Renaud bouge une jambe... Lentement, il  se
          déhanche. Le rythme est dans sa tête. Prenant, doux, sensuel.
          Ses épaules se  meuvent de bas en haut, de droite à gauche,
          arrière, côté droit, gauche, il se balance. Elle... suit son pas...
          Avant, arrière... puis
          leurs bassins se joignent, les mains toujours dans le dos... La
          danse devient charnelle, sexuelle, aphrodisiaque, provocante...
          À  nouveau, lente, possédée, saccadée... Il fait chaud... Sally
          entrevoit Florentin, méchant... puis, c'est au tour de Marjorie de
          se dévoiler. Déboussolée... Elle embrasse Renaud pour les
          provoquer... Et cette chaleur... écrasante... Renaud s'écroule.
          Dégrisée, Sally se  jette sur lui pour le ranimer. Elle supplie
          pour qu'on l'aide, la danse continue pour les autres...
          Réunissant  ses forces,  elles le  traîne jusqu'au porche voisin.
          Renaud ouvre les yeux :
          - Je voudrais t'emmener à Londres, dans ta chambre de jeune
          fille. Il faut repartir à zéro, Sally...
          Puis, sa tête retombe. Il est mort.
          - Il a trop dansé et trop bu !, souligne un vieil homme. Chaque
          année, c'est la même  chose. Dans  ma jeunesse, j'en faisais
          autant, aujourd'hui, je me contente de compter les morts !
          Florentin a sorti son couteau. De les voir ainsi le rend fou.
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