Page 188 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          plus bons moments, avec l'intelligence ou l'insouciance, de
          pratiquer l'amour caché pour être heureux.
          Trop vite, hélas, j'avais entr'ouvert, à nouveau, la lucarne pour
          vous conter la tromperie de l'Automne d'un Amour, qui, sous
          ses airs  jaunissants,... sa mutation climatique et le
          raccourcissement de l'ensoleillement, trébuchait sur les troubles
          sous-jacents que l'Hiver de cet Amour, dévoila au grand jour,
          évidents sous le blanc manteau immaculé de la neige.
          Voilà, tout avait été  dit... Les anneaux de nos tourtereaux
          n'avaient plus de bourreau, laissant à la mémoire des cicatrices.
          Après l'union massacrée, ce fut au tour des vies de s'éteindre.
          Celle de Renaud, qui, malgré sa fuite, avait été rattrapé par son
          passé. Pouvait-il avoir  meilleur trépas, que de rendre l'âme
          dans les bras de l'être tant aimé ?
          Et puis, la douloureuse fin de Florentin !  Arraché à  sa
          misérable vie despotique, frustré dans ses sentiments sacrés. Il
          avait emporté avec lui l'esprit de Renaud, mais dans ce passage
          qu'est la mort, impénitent, Sally  lui manquait encore... L'au-
          delà n'avait pas voulu d'elle, sans pour autant lui accorder la vie
          belle.
          Les souvenirs du Brésil, le retour et l'après, ont bien du mal à
          s'estomper dans les coeurs et les corps des pauvres mortels.
          Tout d'abord les funérailles. Sally se souvient de sa colère en
          apprenant que les familles s'unissaient dans leur douleur pour
          enterrer leur fils le même jour, pour une messe unique et qu'ils
          reposeraient désormais dans un  même caveau. Ils avaient
          repoussé sa rébellion sans la moindre pitié. Marjorie n'avait pas
          manqué de lui rappeler qu'elle n'était plus une Palandin et que
          son rôle se limitait au recueillement.
          L'instant pathétique, inoubliable, fut quand les porteurs
          déposèrent les cercueils sur les trépieds, face à l'autel, côte à
          côte devant l'éternel. Spectacle  insoutenable que Sally garde
          encore en mémoire. Comme la hante aussi, le bruit du bois qui
          s'entrechoqua avant la retentissante  poignée de  sable, dernier
          salut du cortège endeuillé. La procession avait été funeste, fini
          le défilé carnavalesque de Rio !
          Trop affligée, elle n'était pas restée jusqu'au bout. Albine avait
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