Page 186 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
P. 186
Violeurs d'Ame
La bande de jeunes est toujours après lui. D les repousse
violemment, déclenchant de l'animosité. Son attention est
distraite, il ne les voit plus. Affolé, il bouscule les danseurs. Un
attroupement... Deux êtres sont assis par terre. L'un deux est
inanimé... L'autre est :
- RENAUD !
- Il est mort, articule Sally, entre ses dents. -Tu l'as tué ! Tu l'as
tué !
Il soulève le bras, prêt à frapper. Plus rapide, un des jeunes
convoiteurs, humilié, l'agresse d'un coup de couteau dans le
flanc gauche et se sauve avec le sac volé.
Fataliste, le vieil homme marmonne :
- Ca aussi, c'est tous les ans pareil. Des meurtres, des vols...
Sally a du sang sur ses vêtements. Renaud, le corps de
Florentin
penché sur lui, a le visage ensanglanté.
Soudain, un hurlement de bête agonisante s'élève... Marjorie est
devant eux. Précipitamment, elle se jette sur les corps, Sally ne
peut l'en empêcher. Au bord de la crise de nerfs, Sally demande
au vieil homme, d'aller prévenir son mari, à la galerie Riossia.
- Appelez aussi une ambulance, la police, faites quelque chose,
pleure-t-elle.
Florentin respire encore. Elle se penche :
- Florentin... reste en vie, je t'en supplie... Ne meurs pas ainsi,
pas avant que l'on soit devenu des amis ! Je t'en supplie,
sanglote-t-elle.
Faiblement, il lui dit :
- Mais nous n'allons pas nous quitter, je reviendrai te chercher !
Je t'aimmmm...
Stupéfaite, elle le repousse et s'éloigne. Laissant Marjorie dans
ses pleurs. Un filet de bile lui monte à la bouche. Oubliant ses
principes, elle vomit sur le bord du trottoir. La musique joue
toujours.
Pendant ce temps, le vieux carioca arrive devant la galerie :
- Un certain monsieur Garibaldi est demandé par sa dame !
Garibaldi comprend qu'un drame vient de se produire. Il se
présente, l'homme lui raconte en détail les événements. Sans
183

