Page 181 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Parlez encore, dit-elle, parlez-moi ! sanglote-t-elle. Je vous en
supplie, dites-moi que vous êtes bien réels ?
- Y'a intérêt qu'on est vivant ! N'est-ce pas Ninon qu'on dort
chez les grands de ce monde, ce soir ?
- Il faut croire, très cher Valère, minaude Ninon.
- Plus sérieusement, ces coups-là, c'est quoi ?
- Soi-disant de l'amour..., répond-t-elle, le cœur chaviré.
* * *
Renaud n'est pas réapparu dans l'hôtel où il loge avec Florentin.
Il a emmené sa mère ailleurs et réside avec elle.
Depuis cette journée mémorable, passée en compagnie de sa
femme, il n'a plus d'illusion. Jamais il ne revivra avec elle.
Dorénavant, il ne l'appellera plus que dans ses cauchemars.
Sa mère est absente, il boit un coup, puis deux...
De son côté, Florentin est dans leur chambre. Sa haine
décuplée, il élabore un plan pour agir pendant le carnaval.
- Puisqu'elle n'a pas voulu de moi, je vais la tuer, dit-il à son
reflet dans le miroir. Après ce sera au tour d'oncle Garibaldi, je
continuerai avec Renaud et finirai par me donner la mort. Tous
réunis pour l'éternité, grâce à moi !
Il exulte sa liesse diabolique et son rire satanique résonne dans
la pièce.
- Florentin ?
- Qui est là ?
- Marjorie !
- Vous ? Renaud est-il au courant...
- Bien sûr qu'il le sait... Je suis outrée, savez-vous qu'il est venu
me chercher à l'aéroport avec cette... gourgandine. Elle n'est
plus aussi facile à manier, quelle effrontée !
- Où êtes-vous descendue ?
- Dans un hôtel dans le centre ville, Renaud vit avec moi.
- Il est avec vous ? Et pas moi ?
- C'est pourquoi je suis venue te chercher mon enfant ! Il est
inadmissible que je ne puisse vous avoir tous les deux avec moi
dans un si grand jour.
Troisième verre... Avec l'ébriété, l'espoir de Renaud se ranime.
- Il me fait bien l'amour, il me laisse boire... il m'aime... Je vais
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