Page 176 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          resté quinze jours. Florentin  et ses relations avaient réuni le
          montant de la caution. À ma sortie, j'étais un fou, il me fallait
          boire. Florentin avait tout prévu. Dans notre chambre, le frigo
          était plein... J'ai bu...
          Comme pour effacer  des images douloureuses, Renaud se
          frotte les yeux :
          - Je n'étais pas ivre... pas tout à fait... Florentin s'est mis à me
          caresser la nuque, pour me détendre. Sa main est descendue et
          a commencé à me déboutonner la chemise, toujours insistante
          et si douce... elle m'a effleuré la peau.
          - Tais-toi !
          - Je ne l'ai pas repoussé, je ne lui ai pas cassé la figure, non...
          J'ai AIME, hurle-t-il en se cachant le visage dans ses mains. Tu
          entends, Sally, j'ai aimé !
          Recroquevillant ses genoux sur sa poitrine, il se met à pleurer
          silencieusement. Elle, pétrifiée, se souvient des paroles de Gus.
          Il devait donc en être ainsi...
          Pendant ce  temps, à la galerie, Garibaldi retrouve Florentin,
          disparu depuis l'arrivée de Sally. Il le sermonne. Florentin se
          défend, jurant que les propos tenus par Sally sont exagérés. Il
          trouve des arguments assez convaincants pour ébranler
          Garibaldi. Les excès de ces jeunes gens le dépassent...
          Il va hâter leur retour :
          - Après le carnaval je ramène Sally à Paris. La "fête" a assez
          duré. Tout ce que je te demande, c'est de rester planqué toute ta
          vie dans ce pays. Je ferai en sorte que tu ne manques de rien,
          pour te remercier...
          -  N'as-tu pas peur que Sally veuille rester ici, auprès de
          Renaud, maintenant qu'elle  l'a revu ? Après tout, il  est plus
          jeune et certainement qu'elle l'aime encore !
          Garibaldi éclate de rire. Rire féroce, rire malheureux :
          - Eh bien ! Tu n'y vas pas par quatre chemins, fiston ! Non,
          Sally n'aime plus suffisamment Renaud pour sacrifier sa vie...
          Si ! Sally va revenir avec moi... eh oui, Sally m'aime... Sache,
          petit, qu'il faut avoir mon âge pour être sûr de ces choses-là !
          Puis, en le fixant dédaigneusement :
          - Tu es un salopard ! Sors d'ici et que je ne te revoie jamais !
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