Page 171 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
vous deux...
Elle le défie le menton avancé.
- Alors ! Heureux ! La voilà ta Sally ! crache-t-il à la figure de
Renaud.
Ce dernier regarde ses pieds :
- Fiche-moi la paix !
- Pourquoi ? Tu ne lui as pas encore dit qu'à chaque fois que je
te fais l'amour, c'est elle que tu appelles ? Que tes rêves sont
peuplés de son image ? Que tu te parfumes avec SON parfum ?
Que tu cries SON nom dans l'extase ? Hein ? Renaud, tu n'as
pas pleurniché dans ses jupons ? J'arrive trop tôt, n'est-ce pas ?
- Qui fait l'amour à Renaud ?
- Mais MOI, ma chère ! Je t'ai remplacée dans son lit ! Oui, je
sais un jour tu m'as dit que je n'aurais jamais ce privilège, eh
bien, il me suffisait d'être patient...
- C'est impossible, murmure-t-elle, ce n'est pas vrai ! Renaud
ne supporte pas plus longtemps le désarroi de Sally et
s'enfuit. Florentin, court derrière lui implorant son pardon.
Sally, figée, ne bouge pas... puis s'écrie :
- FLORENTIN ?
Il stoppe dans sa foulée.
- TU NE SERAS JAMAIS UNE FEMME ! hurle Sally, pliée
en deux.
Il repart le poing levé, aux trousses de Renaud. La ruelle est
déserte, il fait chaud. La tombée de la nuit l'encercle d'ombres
ennemies, elle a peur.
Garibaldi anxieux de ne pas la voir revenir à la galerie, comme
prévu, annule son rendez-vous avec un journaliste et rentre à
l'hôtel. Elle n'y est pas.
Ce n'est que bien plus tard, alors qu'il s'apprête à alerter les
autorités qu'elle entre en trombe dans la chambre.
- J'ai vu Renaud !
- Il vit à Rio avec Florentin, dit-elle en pleurant. Je les ai vus
ensemble ! C'était atroce, Garibaldi...
Elle hoquette, il la calme.
- Si tu l'avais vu mon Renaud ! Un enfant dans les griffes d'un
ogre. Tout en guenille, sale, malheureux, perdu, puant l'alcool...
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