Page 166 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          mari... Renaud !
          Leur voyage de noces... et puis  l'autre... pour panser les
          blessures, pour colmater les brèches conjugales d'un couple
          fragile... Tahiti. Qui n'avait fait que retarder l'inévitable échec.
          Bientôt Rio de Janeiro... Garibaldi et encore Florentin.
          Demain matin, après onze heures  de vol, baignée dans  une
          féerique nuitée étoilée, elle sera dans les bras de Garibaldi et
          plus inéluctable encore, elle se trouvera en face de Florentin.
          Elle n'entend pas éviter cette rencontre, même, si l'avoue-t-elle,
          la désire ardemment. Ne faut-il pas voir ses fantômes pour se
          rendre compte qu'ils  ne sont pas si terribles  ? Va-t-elle
          s'apercevoir que c'est sa jalousie qui le rend aussi noir ?
          Florentin sans Renaud, sera-t-il différent ?
          Autant de questions sans  réponse qui fatiguent  notre
          voyageuse. Elle imite sa voisine, déjà endormie et se love au
          creux de son siège, douillettement couverte. Rendre le temps
          au temps et l'oublier dans l'immensité noiraude du ciel.
          Après un survol de la baie de Rio, l'avion se pose sur l'aéroport
          Santos Dumont. La chaleur enveloppante déshabille les
          passagers de leur pelure d'hiver parisien et les  masques de
          lunettes de soleil. À leur sourire béat, on peut penser que ces
          chercheurs  d'aventures, ces amoureux d'un  ailleurs et ces
          photographes amateurs sont déjà étrangers. Il n'en est pas ainsi
          pour tous, certains sont là pour travailler, d'autres pour revenir
          au pays et Sally, elle, s'achemine vers l'être aimé.
          Un homme s'approche d'elle :
          - Madame Stuart ?
          Son indécision contrarie le chauffeur :
          - Vous êtes bien l'épouse de Maître Stuart ?
          - S'il vous l'a dit... Je crois que oui !
          - Votre mari m'a prié de vous dire que vous visiterez la ville en
          sa compagnie, je  suis  donc tenu  de vous emmener à lui
          directement...
          - C'est parfait !
          Elle le suit. Efficace, il la décharge de ses bagages et lui ouvre
          la portière  arrière. Une fois assise, elle  relâche sa tension et
          décide de saisir, dans  le confort  de l'automobile, les petits
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