Page 164 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
réagit violemment :
- Tu te trompes, Sally, je ne choisirai pas entre deux
phénomènes comme vous ! J'ai plus besoin de toi que de lui,
mais n'est-il pas désolant de voir deux êtres se déchirer ainsi ?
- Depuis quand ne luttons-nous pas pour se débarrasser des
parasites ? Florentin en est un, je le combattrai tant qu'il me
nuira.
- Il est le fils de ma soeur ! Je l'ai porté sur les fonds
baptismaux le jour de ses deux mois. Je l'ai aimé et défendu
envers et contre tous, comme mon propre gosse... À présent, tu
me demandes de le renier, de l'abandonner... Nous avons
discuté hier...
- Lui a sûrement beaucoup parlé... Pleurniché sur sa vie, son
manque d'affection, sur ses amitiés mal récompensées, crucifié
dans ses amours dénaturés. T'a rendu coupable d'ingratitude,
fautif de ses maux, soupçonné d'indifférence et bien sûr, m'a
haï pour le vol de "ses" hommes, pour finir par sortir de sa
manche, une miraculeuse exposition qui te mettait à genoux
pour le grand pardon :
- Il est vrai qu'à Rio, il me sera nécessaire, puisqu'il s'est
présenté comme mon agent.
- Bien évidemment !
Plus froidement, elle lui dit :
- Pars avec lui. Après ce n'est pas renoncer à cet individu qu'il
te faudra, mais le détruire...
- Tais-toi, Sally !
Il est meurtri par la douleur de la femme qu'il aime et honteux
de penser comme elle.
- J'ai envie d'être seule...
Dès qu'il est sorti du studio, elle appelle la mère de Florentin.
- Chère madame, vous devez vous souvenir de moi, je suis la
femme de Renaud. Puis-je savoir si vous avez des nouvelles de
votre fils?
- Non, mon enfant, Florentin n'est jamais réapparu... Les
recherches continuent, hélas, sans résultat ! C'est triste, vous
savez pour une femme malade de savoir son enfant dans les
eaux froides... Je ne peux le réchauffer, vous comprenez ?
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