Page 159 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Garibaldi.  C'est occupé. Dix, quinze fois, elle renouvellera
          l'appel, en vain, il aura débranché l'appareil.
          La tête chavirante, elle s'allonge. Des spasmes lui arrachent des
          cris. Les beaux jours sont finis.
          Garibaldi est toujours à fureter pour retrouver  son neveu,  le
          "Farfelu" ne l'a pas vu. Au Jardin des Artistes, personne n'est à
          même de l'aider, reste Valère, qui, lui, pense l'avoir aperçu dans
          son quartier, non loin de son immeuble.
          En haut des escaliers,  Garibaldi entend de la  musique. Il se
          précipite, la porte est ouverte. Il entre et voit Florentin affalé
          dans le divan, un verre de bière à la main, le tableau de Sally en
          face de lui.
          Furieux, il  arrête la platine,  lui  retire la boisson, range le
          tableau dans la chambre, s'asseoit sur un pouf et le questionne :
          - Puis-je savoir comment tu es entré chez moi ?
          - Avec tes clés !... Tu-me les as prêtées l'autre soir ! Tu ne t'en
          souviens pas ?
          - Passons, passons...
          -  Je t'offre à boire ?  propose Florentin, insolent devant  la
          déroute de son oncle...
          - Est-ce la seule chose que tu sais faire ? Boire ?
          - Oncle Garibaldi ! C'est un immense plaisir de la vie qu'il ne
          faut jamais  refuser  ! Tu as  tort. Après, on est si bien... pas
          l'ivresse, non. l'euphorie, tout au plus... Juste  pour la rendre
          plus attrayante cette foutue vie et se sentir un surhomme.
          Garibaldi ne répond pas à la provocation :
          - Pourquoi débarques-tu soudainement ?
          - Pour que tu sois fier de moi ! Lis cette lettre :
          "Cher Maître,
          Nous serions honorés de vous compter parmi tous les illustres
          peintres qui ont exposé leurs oeuvres dans notre galerie. Les
          photos, de vos toiles, qui nous ont été envoyées, confirment
          votre  talent. Ici, à Rio, nous  avons été sensibles à la
          représentation que vous faites de nos prestigieux carnavals,
          aussi, nous  aimerions vous rencontrer afin de  décider d'une
          prochaine exposition.  Dès à présent, si vous êtes disponible.
          Vous trouverez, ci-joint, les billets d'avion ainsi que la
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