Page 154 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          "Cher Tom,
          Je suis toujours un enfant terrible  et notre Sally n 'a pas  de
          raison de  me regretter, si regret il y a. Moi, je ne  l'ai pas
          oubliée et ne le pourrai jamais. Dieu fasse que je disparaisse
          vite de cette terre avant de devenir fou. Elle me manque tant !
          Mêlant ma vie à de sombres histoires, il m'a été donné, pour
          une fois, de gagner honnêtement une grosse somme d'argent.
          Les casinos parfois servent à cela... Je veux que cette somme
          revienne à Sally pour qu 'elle puisse toute sa vie durant être à
          l'abri du besoin. Faites-en sorte qu 'elle accepte ma proposition,
          ainsi aurai-je rempli la moitié de mon contrat. Si vous le jugez
          possible, cher Tom, dites-lui mon amour éternel. Merci. Adieu.
          RENAUD.
          PS. Les formalités seront faites par l'intermédiaire de mon père.
          À ce jour, il n 'en sait encore rien. "
          -  Voilà ma chérie, la raison de notre visite ! Etrange
          concordance ! Sally serre la lettre contre sa  poitrine. Sans
          larme.
          -  Pourquoi faut-il  que  ces deux hommes réapparaissent dans
          ma vie juste maintenant ?
          N'espérant aucune réponse de ses parents, elle s'isole dans un
          coin, prostrée et tremblante, ce qui insupporte Tom. D'un ton
          ferme, il lui ordonne de faire ses valises et décide de la tirer des
          griffes de  Florentin, si cet homme est bien le  même, en
          l'emmenant à Londres avec lui. Elle consent, mais seulement
          demain...
          Minuit. Garibaldi la tire de son sommeil. Elle reste distante :
          - Pourquoi m'appelles-tu si tard ?
          -  J'étais avec Florentin.  Il est arrivé peu de temps après... ta
          fuite. Chérie, j'aurais tant aimé te le présenter !
          - Je le connais déjà ! Ton Florentin est aussi le mien !
          - Que dis-tu, tu ne l'as pas vu !
          - Un Florentin qui détruit tout ce qu'il touche et tous les gens
          qu'il approche, ne peut être que le  mien ! C'est un violeur
          d'âmes. C'est ce qu'il commence à faire avec toi.
          - Enfin Sally, ne crois-tu pas que je sois trop vieux pour me
          fourvoyer ainsi ? Ce jeune garçon est mon neveu, je l'accueille
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