Page 156 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
contagion avec sa mère, qui semble-t-il, n'est pas loin d'en faire
autant, elle va dans le couloir pour mieux laisser éclater son
hilarité.
- Ca fait du bien, hein ! lui dit un grand-père accoudé au porte-
bagages. Il faut profiter de votre jeunesse pour rire ainsi...
après... !
Le départ est proche. Le contrôleur signale la prochaine
fermeture des portes. Les mots pourtant ne sont pas ceux...
- SALLY ! VEUX-TU M'EPOUSER ?
La jeune femme bouscule le vieux monsieur et se penche par la
portière. Garibaldi est là, le haut-parleur dans les mains, à la
demander en mariage. Cette déclaration inattendue se brouille
dans le ferraillement du train qui démarre. Dans un regain
d'insouciance et de réminiscence confuse d'une volonté
enfantine, elle balance son écharpe blanche qui tombe sur le
quai.
Garibaldi l'attrape. Heureux, il s'adresse au chef de gare :
- Elle a dit "oui" ! Elle a dit "oui" !... Je jetterai au pied de mon
amant le ruban de l'assentiment quand le jour venu il me
demandera ma main ! m'avait-elle dit, vous comprenez ?
Pas vraiment ! rétorque le contrôleur, indifférent.
- Mais si ! Elle... voyant que son interlocuteur s'en fiche
vraiment, il s'éloigne... Puis, une fois hors des lignes...
Fatalement bouleversée, Sally rejoint ses parents. Eux aussi
l'ont entendue. Leur attitude réservée, ne laisse aucun doute à
notre énamourée, il va falloir convaincre :
- J'ai accepté ! dit-elle timidement.
- J'ai vu ! soupire Diane... Lorsqu'elle était enfant, explique-t-
elle à Tom, notre fille avait été fascinée par un film où
l'héroïne, sourde et muette, avait accepté d'épouser le beau
chevalier en jetant son mouchoir blanc à ses pieds. Sally, alors
âgée de six ans, avait promis qu'elle en ferait autant quand le
moment serait venu.
- Et voilà ! ricane Sally, nerveuse.
- On recommence à zéro... ! Je vais te poser la même question
qu'un certain jour à Londres... Ne précipites-tu pas les choses ?
demande Tom froidement.
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