Page 152 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- N'as-tu pas assez bu comme ça !, rouspète Ninon, en revenant
s'asseoir près de Valère.
Lui ricane :
- Le gamin t'a bien eu, hein ? T'étais pas frais au petit matin
quand je t'ai couché !
Sally à des bouffées de chaleur :
- Quand tu m'as téléphoné, à trois heures, tu étais dehors ?... Et
quel gamin t'a fait boire ?
- Son neveu Florentin ! Il a débarqué en grand homme et a
offert la tournée. Il revenait de je ne sais quel pays... Plein aux
as ! Avec ses amis, il nous a baladés dans des bars.
- Toi aussi tu as bu, Garibaldi ?
- Je te l'ai dit !, insiste Valère, le gamin sait y faire, ton
Garibaldi avait beau dire non, il finissait toujours par boire un
dernier verre.
- Je veux rentrer, dit-elle, soudainement.
Surpris, ils la regardent sans comprendre ce revirement. Elle
était arrivée, en beauté, elle repartait chagrinée.
- Je rentre !
- Attend un peu, supplie Garibaldi, il doit revenir, je te le
présenterai.
- Non, non, je m'en vais. S'enfuyant, elle s'engouffre dans le
métro et s'enferme à double tour chez elle.
Intuitive, elle a peur.
Sans réfléchir, elle tente de joindre son père, il est absent. Elle
appelle sa mère, personne ne répond. Rageusement, elle
compose le numéro de Mamaq', celui-ci sonne dans le vide. En
désespoir de cause, elle téléphone au commissariat qui s'est
occupé des recherches sur la disparition de Florentin. Le même
agent, si gentil, lui donne des nouvelles :
- Navré, chère Madame, le corps retrouvé n'était pas celui de ce
Florentin. Les recherches n'ont pas abouti. Il s'excuse encore et
raccroche.
Albine, relation épisodique, juste pour maintenir un lien entre
Renaud et elle, n'en sait pas plus.
Misérablement abandonnée, elle tourne en rond. Crispant les
mâchoires, tordant son mouchoir, elle balade sa panique dans
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