Page 149 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- S'il me baise la main, il attendra demain !
- S'il me prend les lèvres, je l'enflammerai de ma fièvre !
- S'il m'embrasse le cou, je lui donnerai tout !
- S'il me couche dans l'herbe et qu'il me touche... Je ...
- Sally ? Sally, à quoi penses-tu ?
- Je voudrais que tu me fasses l'amour, crie-t-elle.
Garibaldi surpris, suspend son geste, le pinceau en l'air.
Instinctivement, il regarde autour de lui. Des passants, hilares,
attendent sa réaction :
- Eh bien ! Mesdames et messieurs, je vais de ce pas
"retrousser" cette jolie personne. Je vais faire des envieux et
des jalouses, pardonnez-nous, le plaisir n'attend pas !
La foule éclate de rire et applaudit l'humour du peintre. Ah !
Ces artistes !
Résolument décidé, il tire l'insolente par la manche jusqu'à un
bosquet, dans l'allée voisine. Encore choqué par l'audace de sa
compagne, il la sermonne, à la manière de ces candides qui
disent non, mais veulent dire oui.
Pleureuse, Sally se fait un peu plus "minette" :
- Tu n'en as pas envie... Je suis trop laide ?
- Ne dis pas d'idioties ! Sais-tu depuis combien d'années je n'ai
pas pris une femme dans mes bras ? Que je n'ai pas éveillé mes
sens, que... Je ne sais si... comment faire !
- Et moi ? Je me suis tant offerte sans jamais me donner... que
mon coeur et ma passion ne savent s'ils seront à la hauteur,
mais mon esprit et mon imagination n'ont de cesse de vouloir
apprendre... Tu verras, nous nous en sortirons très bien, le
rassure-t-elle.
C'est elle qui l'emmène.
Lui, depuis sa déclaration d'amour redoute ces moments-là.
Peur d'être trop âgé, peur de la décevoir, peur d'avoir peur.
L'immeuble, le grenier. La clé tourne dans la serrure, la porte
s'ouvre. Elle le pousse à oser, elle le provoque dans ses
retranchements...
La chambre, le lit. Les draps qui n'attendent que d'être froissés.
Elle le compromet face à ses incertitudes, elle l'oblige à
croire...
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