Page 145 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          le croire, bon sang ! Et maintenant, on dort !
          - Vient près de moi, dit Garibaldi, doucement, pour déjouer le
          trouble  de Sally. Il lui  prend  le bras  et l'attire à  lui. Ils
          chuchotent le temps que le sommeil veuille bien les emporter,
          toujours soudés l'un contre  l'autre... Jusqu'à neuf heures du
          matin. Quelques curieux, sidérés, les regardent. L'endroit avait
          été choisi dans un quartier "Haute  élégance", comme l'avait
          souligné Valère. Donc des passants inaccoutumés à cet étalage
          de corps impudiques, livrés  à un public hostile. Pour les
          rassurer,  Sally leur  sourit ou les salue selon leur attitude
          sympathique ou méprisante.
          La journée  avait bien  commencé, elle  se termine chagrine.
          Sally n'est pas bien. Sans panique, les  trois amis la
          raccompagnent à son  domicile. Cette fois, Valère est ravi
          d'utiliser les commodités de luxe, il appelle un taxi.
          Celui-ci n'a pas le temps de refuser que déjà Sally est à
          l'intérieur. Les autres suivent sans contestation possible.
          Elle tousse. Sa jolie frimousse devient violette. En un laps de
          temps très court, son physique change. La métamorphose
          spectaculaire, arrache des sanglots à Garibaldi. Devant lui, se
          tient une gosse, vieille et ridée, au visage  marqué par la
          souffrance. Ninon la déshabille avant que le médecin, alerté par
          la voisine,  ne prescrive des antibiotiques et les  rassure. Une
          bronchite, rien de plus.
          La locataire d'à côté, bavarde, profitera de l'attente du toubib
          pour raconter en détail les terribles désillusions de la malade.
          Garibaldi l'écoute attentivement, malheureux. Valère comprend
          qu'entre ces deux-là, Cupidon a jeté sa flèche.
          Plus secouée que prévu, les jours s'écoulent sans qu'une grande
          amélioration ne vienne les rassurer. Au début, ils avaient eu du
          mal à demeurer dans ce minuscule appartement. À dormir. À
          co¬habiter. Alors, à tour de rôle, ils allaient  s'aérer et
          revenaient pour soulager l'autre de cette surveillance de chaque
          instant. Mais, à présent, que les repères sont pris, ils restent au
          chaud, à jouer aux cartes, à écrire des vers, tricoter ou dessiner.
          Sally se repose.
          Tom débarque dans l'appartement, après avoir prévenu de sa
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