Page 140 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
"Si vous les croisez bientôt,
"Ne les plaignez pas de leurs maux,
"Laissez-les dans leurs idéaux,
"Ils font partie de la déco, les clodos".
Ils applaudissent tous à l'unisson. L'ovation réveille Ninon, qui,
très vite, comprend que cette ferveur s'adresse à son homme.
Heureuse et fière, elle lui fait un clin d'oeil. Puis, elle aperçoit
Garibaldi. Valère suit son regard :
- Tiens, ma princesse est revenue ! Qui c'est qu'avait peur ?
C'est mon brigand de copain !
Elle s'approche en lui posant un baiser sonore sur la joue.
- Vous avez vu les gars, elle m'a embrassée ! Ninon donne-lui
un mouchoir pour qu'elle s'essuie.
- VALERE !, s'écrie Sally, outragée.
- Je ne suis pas assez propre, mon poussin !
- Soyez chic, Valère, permettez-moi de garder votre crasse sur
ma joue. Le temps que je m'habitue à la mienne.
- Oh ! Princesse !... Stuart, c'est une perle que tu as trouvée !
Il attire Sally à l'écart des autres, non sans avoir jeté un oeil à
Ninon, boudant dans son coin.
- Elle est jalouse, dit-il en riant... Si elle te déteste, ce sera
terrible !
- Elle m'aimera ! décide Sally, volontaire.
- Qu'est-ce qui m'ont dit les autres, que tu es malade ?
Garibaldi m'en a pas parlé...
- Je vais assez mal, en effet. J'ai consulté de nombreux
médecins qui ne comprennent pas pourquoi je tousse autant, ni
les raisons de mes vomissements, sans parler du sang que je
crache. Peut-être me cachent-ils la vérité. Vous savez, ces
symptômes durent depuis bientôt trois ans, il va bien falloir que
ça s'arrête un jour... quand je serai morte.
- Je te dis que non !
- Je suis vraiment malade, Valère !
- Je te dis que NON ! Sans blague ! Cesse de croire ces
sornettes et crois-moi, MOI !
Sally veut s'enfuir pour ne plus entendre les paroles de ce fou.
Elle est blessée de ses moqueries. Garibaldi, qui ne la quitte
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