Page 136 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Elle baisse les yeux. Il poursuit :
- A tour de rôle, l'un d'entre nous travaille son numéro à
l'extérieur pour attirer les badauds.
- L'entrée est gratuite ?
- Oui... Les gens qui viennent se promener par ici connaissent
les usages. Ils savent se montrer généreux, soit en jetant des
pièces dans nos chapeaux, soit en participant aux
manifestations.
- Vous en vivez ?
- Le soir, nous partageons nos cachets. Vivre est un bien grand
mot... disons que nous vivotons.
- Alors eux non plus, ne sont pas clochards ?
- C'est une faune particulière ici... Ce que fait l'autre ne nous
regarde pas ! Navré de ne pouvoir vous pistonner sur un ami de
trottoir !
- Vous vous moquez de moi ?
Il sourit en la dévorant des yeux.
Un homme interrompt la magie de l'instant. Sale, gesticulant, le
verbe haut, il apostrophe Garibaldi :
- Qu'est-ce que tu fous avec une princesse ?
- Je te présente le spécimen rare de la cloche, dit Garibaldi,
puis dans son menton... et sa dame... Valère et Ninon !
Valère baise la main de Sally :
- Princesse, vous n'êtes pas à votre place ici, je vous conseille
de déguerpir avant que ce bougre ne vous dévore...
- Sache que Valère a pour principe de toujours arriver quand
l'histoire est finie sans pour autant s'empêcher d'en faire le
commentaire.
Sally aime instantanément l'emphase de cet homme. Tirant sa
poussette à trésors, sa compagne le talonne. Il la présente avec
fierté :
- Ninon, mon épouse !
Sally, polie, lui tend la main. Ninon s'essuie à son tablier avant
de lui rendre la sienne.
Alors...
Alors, Garibaldi va lui raconter l'histoire de Sally. En bref.
- Elle veut en voir des clodos ? Eh bien, allons-y !
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