Page 132 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Septembre est frais sous ses airs ensoleillés, elle accepte avec
plaisir... et curiosité. Etre libre, n'est-ce pas déjà se donner le
droit d'être curieux ?
- Venez, je vous emmène de l'autre côté de la rue, chez le
"Farfelu".
- Il est si bizarre que cela ?
- Un bonhomme fêlé, mais généreux. N'ayez pas peur, je suis
là.
- Je n'ai pas peur. D'ailleurs j'ai si froid que même le diable ne
m'empêcherait pas d'aller le boire ce chocolat !
Toujours avec un filet de bonheur entre les lèvres, il passe
devant elle et lui ouvre la porte de l'estaminet. Crasseux et
malodorant, "infesté" de clochards, l'endroit serait sinistre si
l'artiste, en pénétrant dans les lieux, n'éveillait pas en eux
autant de joie. Les mines réjouies qui les accueillent, rassurent
Sally.
- Salut Garibaldi ! Tu viens frimer avec une belle don/elle !
- "Farfelu" ! Sois poli ! Et, s'adressant à Sally :
- Vous verrez, c'est un type épatant !
Le cafetier, appréciant le compliment, lui tape sur l'épaule et
prend la commande. Il revient avec deux grands bols bien
servis.
- Je vous le disais que cet homme avait bon coeur !
- Je trouve aussi !
- Qu'est-ce qui zont ces deux-là à me chouchouter ? Ben v'ià
aut'chose !
Pour se donner une contenance, il essuie leur table ainsi que
celles avoisinantes.
D'un clin d'oeil complice, Garibaldi lui sourit :
- Vous l'impressionnez, c'est la première fois que je le vois
rougir !
Sally s'amuse beaucoup de son jeu.
- Savez-vous que vous êtes formidable ?
- Il n'en est pas ainsi tous les jours ! C'est grâce à vous ! Ne
vous a-t-on jamais dit que vous étiez lumineuse, éblouissante,
magique !!
- Ah bon ! répond Sally, candide.
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