Page 127 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          lumière. Il fait beau. Les arbres en fleurs exhalent en douceur
          leurs senteurs et les oiseaux se partagent  les branches  en
          sifflant de mélodieuses partitions.
          Accoudée sur le rebord de la fenêtre, elle s'imprègne de la paix
          qui règne dans ce théâtre verdoyant jamais profané, comme le
          fut la maison, par des scènes bouffonnes et tragiques.
          Lorsqu'à nouveau, son  regard pénètre  à  l'intérieur des murs,
          c'est insupportable. Elle sort et va patienter dehors.
          Ils aiment tout et gardent tout. Plus de clés, plus de raison de
          rester. Sans hésitation, elle remonte dans la voiture et démarre.
          Définitivement débarrassée de cet encombrant passé.
          La fête est  toujours animée lorsqu'elle  repasse devant. Cette
          fois, elle se gare et va se mêler  à la foule,  non pas  pour
          s'étourdir dans les manèges, mais pour satisfaire son péché, le
          nougat.
          Puis vient le tour des  adieux aux  gens aimés et mal aimés.
          Marjorie, pour qui Sally ne daigne pas se déplacer. Une simple
          carte de visite avec marqué dessus "PLUS JAMAIS CA  !"
          Comme pour lui dire qu'elle a perdu la bataille, contre  elle,
          contre son fils et qu'elle doit vivre désormais avec ses remords.
          Alfred, avec qui, elle mange un cornet de frites dans la
          neutralité du Parc Manceau. Dire  au revoir aux autres pour
          elle... sans appel. Il s'excuse, comme depuis ces cinq années,
          pour sa femme, son fils, lui et les aléas d'une chienne de vie
          mal remplie.
          Une fois que les scellés sont posés sur les souvenirs amers. Il
          ne lui  reste qu'à se consacrer à  la recherche de la vérité.
          Florentin hante encore ses pensées. Elle ne veut pas le savoir
          mort, mais, comme Saint-Thomas, désire voir.
          Tout d'abord, elle prend rendez-vous avec la mère de Florentin.
          Cette pauvre femme, trop  malade ne peut se déplacer. Elles
          parlent au téléphone un bon moment, sans conclusion positive.
          Les pompiers, les policiers et les "pénichiers", accostés à quai,
          reçoivent sa visite. Sans résultat. Un agent, plus aimable que
          les autres, la  rassure en l'avertissant que  les  recherches
          continuent... Ils ont trouvé un corps, non identifié à ce jour...
          Découragée, elle déchire la photo de Florentin et réintègre sa
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