Page 123 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          (Maman, j'ai quelque chose à te dire... Mam...)
          Le silence tombera. La nuit aussi.
          Vingt quatre heures sans que personne ne visite la malade de la
          chambre 102. Diane a une conférence. Tom, au-delà de la
          Manche, plaide au Tribunal.
          Il défend  la cause perdue d'un homme. Homme qui ne
          ressemble à personne et pourtant qui a commis le crime de tout
          le monde, celui de la jalousie, jusqu'à ne plus pouvoir dominer
          sa volonté  de tuer. Tuer pour exister... Exister avant de se
          rendre compte que ce n'est plus possible... Alors cet homme a
          choisi, dicté par un subconscient perturbé, de déposer son corps
          dans les  limbes de l'insondable.  Lui aussi  dans un coma
          libératoire où l'esprit ne peut être jugé sans la tête.
          Veulerie d'un suicidé que Tom doit défendre sans sa présence.
          Entubé comme Sally. Tranquille.
          Il va rendre visite à son client, après la plaidoirie. Appareillé,
          blanc, immobile, impénétrable, comme sa fille... Pourtant, il ne
          ressent pas chez cet homme la communion qui existe entre lui
          et Sally. Soudain, c'est le déclic :
          - Elle dialogue avec moi par télépathie ! Furieux, il avance son
          retour et file à la clinique.
          Il n'attend pas d'être salué par  le personnel et  fonce dans  la
          chambre 102. Une infirmière le suit, prudente. La porte n'est
          pas refermée, elle l'entend :
          -  Sally, tu ne m'auras pas ! Je sais que tu es vivante et bien
          vivante !  Il te paraît plus facile de dialoguer avec ton esprit
          qu'avec ta bouche. Eh bien moi, je ne suis pas d'accord ! Je ne
          marche plus ! À présent, si tu veux que nous échangions nos
          points de vue sur la question de mon revirement, il va falloir
          revenir de l'autre côté du "passage". Finies les suggestions et
          les questions sournoises ! Maintenant,  nous ne nous
          entretiendrons qu'en nous servant de NOS lèvres, NOS yeux,
          NOS oreilles ! Tu as bien compris, ma chérie !
          Puis doucement :
          - Je ne joue plus ! !
          (Nous sommes si bien ainsi !)
          La phrase  est passée dans son cerveau.  Il s'y soustrait
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