Page 119 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          pas être aidée par son Papa !
          Tom se rend compte qu'il s'énerve  à rabâcher les mauvais
          souvenirs. N'est-il pas encore à se reprocher son  manque  de
          fermeté ? Ne se blâme-t-il pas de s'être leurré sur la légèreté de
          S ail y. Jamais il n'avait pensé que son ton sonnait faux ni
          qu'elle souffrait autant.
          Il joint le commissariat, la réponse sera celle de Marjorie.
          Négative.
          (Que t'ont-ils dit ?)
          - Ce qu'ils m'ont dit ? Qu'aucune noyade n'avait été enregistrée
          ! (Renaud l'a pourtant écrit dans sa lettre ?!)
          - Que veux-tu que je te réponde ? Il soupire :
          - Bon, si je travaillais au lieu de devenir cinglé !
          Subitement fatigué, il s'assoit lourdement sur le rebord du lit
          contemplant Sally :
          - Ce n'est pas possible, ma chérie ! Il faut que tu nous sortes
          d'ici. Toi, dans le coma, moi qui deviens fou !
          Il sait qu'elle ne réagira pas. Découragé, il va s'assoupir sur son
          bureau improvisé.
          (Pardonne-moi Papa ! Je suis si  bien dans cet état  !...  Si tu
          savais !)
          Réveillé brutalement, il dit, avant de sortir prendre une boisson
          chaude :
          - Eh bien, si cette situation te convient, pas à moi !
          Ces dix  minutes d'assoupissement l'ont remis en forme. Il ne
          prêtera plus d'attention à son monologue, comme si cela était
          normal, et retourne travailler.
          * * *
          Les jours passent. Une semaine de plus. Avec automatisme, il
          lui décrit le ciel gris, bleu, le soleil voilé, lumineux, commente
          les informations, raconte  des  histoires, chante des  chansons,
          explique le cas de chaque dossier... Lorsque son coeur saigne,
          il remonte dans son enfance... Ce passé bien lointain, où  il
          rêvait de donner à une jolie petite fille le bonheur et la santé...
          Sa souffrance de la voir choisir le néant plutôt que la vie,
          même laide. Il la traite d'ingrate pour très vite s'excuser et la
          serrer dans ses bras.
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