Page 121 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
que soit le nom qu'on lui donne ? Non, les athées sont des
imbéciles et des dégonflés.
- Qui cherches-tu à convaincre de l'existence de notre Seigneur
? dit Père William en pénétrant dans la chambre.
Tom se jette dans les bras de son frère :
- William ! ! Quelle joie immense de te voir ! Ne fais pas
attention, je radote. Ton frère s'aliène de plus en plus !
- Tu n'as pas bonne mine, je dois te l'avouer, et elle, comment
va-t-elle ?
- Toujours très loin ! dit Tom, accablé. Parfois, il me semble
communiquer avec elle. Dès que je la regarde, immobile,
fragile, sans vie... Je me décourage et...
(Abandonne-moi alors !)
- Mais non je ne t'abandonnerai pas ! s'irrite Tom, sous le
regard inquiet de William
- Es-tu certain que ça va ?
- Je te l'ai dit, ne prête pas d'attention à mes délires. Ils sont de
plus en plus fréquents... La solitude, probablement. Les
adversaires sont rudes. Après ces dix jours, Diane me
décourage, les médecins m'incitent à repartir à Londres,
Mamaq', la seule encore de mon côté, est chez sa fille, à New-
York et la mienne refuse de quitter les ténèbres... je suis
fatigué, William... Dis-moi, pourquoi es-tu là ?
- Non ! Personne ne m'envoie te convaincre de changer de voie
! Diane a pensé que tu avais besoin de mes prières. Je suis là,
dit tendrement William.
Ils prieront.
Les prières ont soulagé sa peine, mais la réalité est encore plus
inacceptable.
(Papa, relis-moi la lettre de Renaud)
Marchant de long en large, Tom sans réfléchir, sort de la poche
intérieure de son veston la lettre de son gendre. Il hésite à
l'ouvrir.
(Je t'en supplie, Papa !)
- Qu'il m'est pénible de devoir relire ce morceau de papier ! Un
appel téléphonique l'empêche de poursuivre sa lecture :
- Quand ? Ah ! Bon ! Où !
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