Page 116 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
P. 116
Violeurs d'Ame
ne pas déranger le personnel hospitalier. Je me tiendrai
personnellement au courant de l'évolution de cette... drôle
d'expérience...
- Je peux commencer dès à présent ?
- Vous aviez prévu ma réponse ?
- Je savais que vous étiez un chic type... Mon intuition ne me
trompe jamais... Comme pour ma fille. Vous verrez, j'ai raison
!
- Vous êtes un sacré Papa ! Si votre enfant le sait, elle se
réveillera. Bonne chance !
Tom se hâte d'aller installer son matériel. Avant, il téléphone à
Mamaq' pour lui résumer l'entrevue qu'il vient d'avoir. Elle
promet de le soutenir. Il raccroche, optimiste.
Ensuite, c'est au tour de Diane d'être tenue informée de son
emménagement. Dès qu'elle arrive, il lui explique ses
intentions. Sa femme, bien que l'idée lui semble saugrenue,
adhère à la méthode.
Ils s'approchent du lit de leur fille. Toujours inaccessible dans
sa pâleur de cire.
Tom lui prend une main, Diane, l'autre. Doucement, il va lui
décrire leur vie dans les jours à venir... La radio, lui, toujours
auprès d'elle, même la nuit... à son réveil, aux repas... À chaque
instant... À lui lire les nouvelles, à écouter de la musique...
celle qu'elle adore ou celle qu'ils aimaient chanter ensemble.
Diane, moins croyante, plus meurtrie de parler à une "morte"
observe la scène en spectatrice. Incapable de donner autre
chose que sa main, crispée sur celle de Sally. Les larmes plein
les yeux, ils attendent... que... rien ne se passe.
Dès que Diane s'en va, Tom reprend le dialogue :
- Si tu trouves mon idée géniale, fais-moi un signe... Un clin
d'oeil, un grand sourire, une accolade... Je me contenterais d'un
tremblement... ! Il soupire.
*
Les premières tentatives furent difficilement applicables. La
famille Palandin et les autres choisirent justement ces dates là
pour venir s'enquérir de la santé de Sally. D'incessantes
processions
113

