Page 120 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          La paix l'a quittée. Diane s'inquiète de le voir maussade.
          Mamaq' lui conseille de prendre du repos. Pour ne pas  les
          écouter se lamenter sur son sort, il s'attarde sur les affaires à
          traiter en oubliant de parler du temps à sa fille.
          (Quel temps fait-il dehors ?)
          -  Magnifique, tu devrais ouvrir les yeux pour regarder, ma
          chérie, dit-il sans lever la tête de la table.
          (Ca ne sert à rien de voir, tout est tellement laid !)
          - Toi, tu es belle. La nature, les animaux, mon amour pour toi
          sont beaux !
          (Que vais-je devenir sans Renaud ?)
          - Renaud est justement parti pour que tu deviennes quelqu'un !
          Dieu merci, une fois dans sa vie, il aura fait une chose sensée !
          (Je ne peux pas vivre sans lui !)
          -  Sally ! C'était un incapable, un lâche, un ivrogne... Vas-tu
          enfin l'accepter ? Il n'était pas homme à donner du bonheur... Il
          t'aimait... Ce n'était pas suffisant...
          (J'ai besoin de lui, même avec ses défauts !)
          - Vas-y, sors de ta léthargie, cours à travers le monde pour le
          retrouver, donne-toi un but... ouvre les yeux !
          (Ce n'est pas si facile !)
          - N'en parlons plus...
          Tom, sans étonnement, devant cet échange peu banal, replonge
          dans ses écritures. Il a bien du mal à se concentrer, dérangé par
          une force qui n'accepte pas d'être dédaignée.
          (Et si Dieu n'existait pas ?)
          -  Comment peux-tu douter de son existence ! ! Tom
          s'enflamme :
          -  On érige  des  temples, construit des cathédrales pour
          l'idolâtrer, on tue pour  lui et en son nom, on se cloître  et
          l'épouse pour le servir, on lui offre nos enfants dans le baptême
          et se marie devant son autel. Des sectes  le fanatisent et
          s'enrichissent  à travers je ne sais quelle interprétation de  son
          image. Et puis, tout de même, il soulage bien les consciences
          accusatrices de le rendre responsable des maux de la terre.
          Alors, ma chérie, s'il n'existe pas, pourrait-il être une
          hallucination collective qui dure depuis des millénaires, quel
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