Page 118 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Tom sursaute, regarde sa montre : trois heures quarante cinq.
Sans comprendre d'où lui vient cette réflexion, il dit à voix
haute :
- Si Florentin est mort ? Je l'espère... et se rendort
immédiatement.
Cette même phrase vient habiter encore son esprit à son réveil.
S'étirant en se frottant les yeux énergiquement, il tente de
remettre ses idées en place.
C'est pendant sa toilette, la radio en sourdine, qu'il s'interroge
sur cette soudaine envie de répondre à la question "Florentin
est-il mort ?"... Il est exact qu'aucun journal, ni même la famille
de Renaud n'a évoqué le sujet.
De la chambre, il appelle Marjorie. L'attente est brève, elle
décroche. Le ton est froid, amer, dépourvu d'amabilité... feinte.
- Avez-vous des nouvelles sur la disparition de Florentin ? Je
lis la presse tous les matins, mais aucun article ne parle d'un
corps retrouvé dans la Seine !
- Si vous avez les yeux rivés sur les journaux, moi, c'est sur ma
boîte, dans l'attente du facteur... Nos enfants en sont arrivés à
des extrêmes irraisonnés, ne les trouvez-vous pas ingrats de
nous infliger à nous, pauvres parents, d'aussi cruels tourments ?
- Vous êtes mal placée pour vous plaindre de cet état de fait,
chère Marjorie ! N'oubliez pas qu'ils s'aimaient...
- Ah, ça y est, je vais avoir des reproches ! Depuis trois
semaines, mon mari me fait les mêmes.
- Il faut bien que quelqu'un "paie les pots cassés" ! Désolé, il ne
reste plus que vous !
- Vous me téléphoniez à propos de Florentin, pas pour me
condamner, j'espère ? Si c'est pour Florentin, nous n'en savons
pas plus que ce que Renaud a écrit. Les pompiers font le
nécessaire. Continuez à lire le journal, on ne sait jamais !
Il raccroche :
- Quelle chipie, cette sale bonne femme ! (Elle m'a fait du mal,
tu sais !)
- Si je le sais ? Bien évidemment que je le sais ! Cette bonne
Angeline m'a suffisamment tenu au courant des incidents qui
survenaient dans ta maison ! Mais, voilà... Madame ne voulait
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