Page 114 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
images du naufrage.
Le temps passé a laissé des traces que l'ombre des heures
efface pour sans pitié ressusciter quand la conscience veut
oublier. Soir venu, nuit sans lune, apporte dans ton sillon la
pureté salvatrice régénérante à l'aurore d'Est et qu'enfin
renaisse la vie.
Tom pénètre dans le hall de la clinique. Il est attendu par le
médecin qui soigne Sally.
Dix jours se sont écoulés depuis l'évanouissement de sa fille.
Elle n'a toujours pas repris ses esprits. Inconscience tranquille.
Pour être à ses côtés, il s'est mis en disponibilité chargeant son
associé de s'occuper des dossiers compliqués.
Diane, moins libre, passe chaque soir. Ses espérances
défaillantes, ses pleurs, s'opposent au tempérament volontaire
de son mari. Après une semaine de tension éprouvante entre
leurs caractères dissemblables face à la maladie, Tom la
somme de s'abstenir, le temps du coma, de venir la voir. Elle
refuse et semble déterminée à changer d'attitude.
Lui, fidèle imperturbable, vient tous les matins, après les
toilettes des malades, s'asseoir dans le fauteuil, près du lit de sa
fille. Il se surprend à parler à voix haute, même de lui lire le
journal. Les faits divers, moins austères que les cotations
boursières. De temps à autre, il regarde, par-dessus les feuillets,
le corps efflanqué et déserté de Sally, suspectant le battement
d'un cil, le tressaillement d'un muscle ou le frémissement des
commissures de ses lèvres, bien vite, il replonge dans la lecture
des chroniques.
Quand sa peine est trop grande, il la délaisse, avec tristesse,
pour chercher du réconfort dans les couloirs auprès des
infirmières, ou, passe dans les autres chambres, comparer sa
détresse à celle des autres pauvres bougres, comme lui, dans
l'attente d'une largesse divine. Puis, il revient tenir la paume
froide de la malade.
Si ce matin, il est plein d'entrain pour rencontrer le médecin,
c'est qu'à force de river ses yeux sur la silhouette de sa fille et
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