Page 109 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Ca viendra, ne t'inquiète pas, ma JOLIE !
          Elle lui claque la porte au nez. Il ricane. Renaud, en haut,
          derrière  les barreaux,  comme un  condamné à  mort, n'a  pas
          bougé. Rien dit, rien fait... Le pouvait-il ? Pouvait-il renvoyer
          son ami ?
          Le visage dans le creux de son coude, il pleure sur son sort.
          Sally est devant lui. Ils tombent dans les bras l'un de l'autre. Il
          n'y aura pas de nuit merveilleuse...
          * * *
          Il est là pour la dernière fois. Dire adieu à tout un passé, à des
          gens, à des lieux,  à des images, à des odeurs, se dire adieu,
          aussi. En finir avec l'enfant d'avant, celui qui ne savait  pas
          prendre les  devants... Avec  l'adolescent, longtemps  étriqué
          dans un carcan de sentiments indécents...  Avec l'homme
          immature souvent inconscient du futur... Etre enfin Grand !
          Etrange sensation que de faire les choses pour une ultime fois...
          L'allée de ces arbres centenaires, à jamais oubliée. La maison,
          le jardin, dorénavant sans saison  et ce pavillon, habité avec
          bonheur, hanté par le malheur. Ne pas emporter les regrets et
          enfouir les  remords. Respirer simplement une dernière fois,
          l'air qui l'a vu naître.
          Renaud prend son temps avant d'entrer dans la maison de ses
          parents. Son regard,  inexorable, imprègne son être de ses
          racines. Ne pas s'attendrir... Il se précipite dans la maison.
          Marjorie  l'accueille  les "tentacules" étendues. Il l'embrasse
          distraitement. Ne pas se laisser "griffer".
          Florentin aussi est présent. Déjà accoudé au bar, il lui tend un
          verre, qu'il refuse. Ne pas se laisser "griffer".
          - Papa n'est pas là... J'aurais aimé...
          - Désolé, mon chéri, il rentrera tard. C'est formidable, j'ai mes
          deux garçons pour moi toute seule !
          - Je t'en prie Maman, n'en fais pas trop ! Florentin intervient :
          -  C'est tout de  même  plus agréable de boire sans  avoir ta
          femme sur le dos !
          - Pourquoi es-tu resté trois mois dans cette... prison ?
          - Pour être avec toi ! Normal !
          - Normal ? Oui, c'est cela, normal ! Renaud cherche ses mots :
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