Page 108 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
se retrouve seule. Se débattant contre les bruits, ennemis
embusqués dans les replis des voilages, sous le lit, dans les
armoires. Aux aguets, elle se prépare à subir l'outrage de
l'angoisse et l'affront des sueurs froides. Elle déteste Renaud
pour ses absences, l'aime dans le souvenir de sa présence. La
fréquence de ses sorties nocturnes sans explication, malgré ses
supplications, l'empêche de croire en l'avenir.
Renaud se débat pour ne perdre personne. L'alcool l'aide à
conquérir et à braver les plus coriaces. Du moins, s'en
persuade-t-il !
Les vapeurs dissipées, son sommeil est peuplé de macabres
fantoches exécutant une fantasia dépouilleuse d'âme et de sang.
Alors il s'oblige à garder l'oeil ouvert de peur de mourir un peu
plus chaque jour. Sally, dans la chambre voisine, dédaigne ses
suppliques et garde porte close.
Un anniversaire pas comme les autres...
Il va rentrer tôt... Avec des fleurs et des cadeaux...
Elle sera prête pour faire la fête...
De la voir si belle, il s'approche tendrement, baise son nez, le
cou, les épaules. Sans un mot, bouche contre bouche, ils
montent à l'étage. La musique douce feutre l'ambiance. Ils
mangeront plus tard...
La sonnette ? Ce n'est pas le bon moment. Ils continuent,
marche par marche, baisers par baisers...
Le carillon insiste, exigeant qu'on le libère de ce doigt
dévastateur.
- Je reviens, dit Sally, prépare-toi à une nuit infernale... Je
t'aime ! Renaud ferme les yeux de bonheur.
Chantonnant, elle ouvre. Florentin est devant elle.
- Bonjour ma Douce ! J'apporte le Champagne, n'est-ce pas
gentil ! Cinq ans de mariage, c'est extraordinaire d'avoir tenu
aussi longtemps !!
- Non, Florentin, ce n'est pas gentil et pas extraordinaire quand
on s'aime ! Sors de ma maison immédiatement !
- Attention ma Jolie ! On ne me vire pas de cette manière !
répond-il menaçant, surtout pas après m'avoir sali auprès de ma
famille, les Palandin ! Je t'avais bien dit que je me vengerais...
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