Page 104 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          - Vous inventez n'importe quoi !... Ma chérie, je t'aime, tu es la
          femme de ma vie ! J'ai également besoin d'un ami et Florentin
          EST celui-ci, comme j'ai besoin de ma famille, de mon travail,
          de cette maison... alors je vous en supplie, arrêtez de me
          harceler pour...
          Sally se bouche les oreilles et hurle :
          -  RENAUD ! D a tué  Joséphé. Ton amie, notre amie... son
          amie ! Rappelle-toi, c'est lui qui l'a raccompagnée ce soir-là.
          Elle n'aurait jamais souhaité rentrer à pied, puisqu'elle voulait
          discuter avec lui, à notre sujet... Souviens-toi, comme il la
          haïssait dès qu'elle s'interposait entre lui et moi. Je t'en supplie,
          mon chéri, crois-moi, il me l'a dit, il est responsable de sa mort.
          Il doit aller en prison  pour son  crime. Demain j'irai voir la
          police...
          - Il a pu te dire cela dans le but de te faire peur... Réfléchis,
          Sally, ne va pas fouiller dans les cendres, sans certitude. Je lui
          parlerai, je te le promets... Ne bouge pas avant... d'accord ? Elle
          finit par céder, accablée de fatigue et de désespoir.
          Elle s'endort, calée dans le creux de ses bras. Lui, n'arrive pas à
          fermer l'oeil de la nuit.
          Il sait qu'elle a raison. Il l'a toujours su. Depuis ce jour où il lui
          avait emprunté sa voiture pour se  rendre à un rendez-vous,
          alors que la sienne était en révision au garage. Il avait  été
          surpris du désordre, inhabituel quand on connaît la maniaquerie
          de Florentin, et des tâches de sang sur la portière du passager.
          Renaud s'était empressé de lui poser des questions, auxquelles
          il avait répondu sans détours.Il affirmait s'être coupé le doigt de
          la main droite  en voulant,  tout en conduisant, prendre  des
          papiers dans le vide-poche
          de la portière. Il s'en tint là. Préférant ne plus jamais évoquer
          cet incident. Mais les événements vous rattrapent toujours dans
          vos retranchements. En quelques secondes,  Sally venait de
          remuer ses remords. Il pria Joséphé de l'excuser pour sa
          lâcheté.
          Le lendemain...
          Midi. Sally dort sous l'effet d'un puissant somnifère. Quatorze
          heures. Sans prendre de collation, elle s'enfonce dans un bain
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