Page 101 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Si tu dis un seul mot, à qui que ce soit, Sally, tu ne reverras
jamais ton mari ! Jamais !! Parole de "salopard" ! À bientôt, ma
Douce !
Encore cette fois, Sally se jette au pied du bidet à cracher du
sang. Quatre à quatre, Angeline monte les escaliers :
- Que se passe-t-il ici ? se fâche-t-elle. Du bruit dans le hall, la
porte claque :
- C'est Monsieur Florentin qui s'éloigne... Vous a-t-il manqué
de respect ?
Sally, recroquevillée dans un coin de la salle de bains secoue la
tête.
- Mon enfant, parlez, voyons ! Dites quelque chose à votre
bonne vieille Angeline !
Sally se tait. Angeline la recouche.
- Je me sens mal Angeline, appelez le médecin.
Pour patienter, la servante va remonter aussi loin que sa
mémoire se souvienne.
Florentin enfant était un redoutable garnement. Sous son
influence son petit agissait sans prudence. Il lui faisait faire
n'importe quelle bêtise ! Madame Marjorie, alertée n'avait rien
changé, sinon que le sermon lui avait été adressé à elle sans
que ces gamins n'en soient inquiétés jusqu'au jour où ils avaient
été trop incorrects.
Elle était allée voir Monsieur Alfred, hélas il partait en
déplacement ce jour là. À son retour, il n'avait plus souvenance
de ses dires, elle avait fini par se taire.
Et son Renaud... Toujours pareil. Il n'a pas changé... Les
mêmes qualités, intelligent, drôle, charmeur, affectueux... Mais
aussi toujours les mêmes défauts, faible, gentil, naïf. Trop
vulnérable pour éviter les malveillances d'un pouvoir
pernicieux entre les mains d'un amoureux furieux ou trop
méprisable pour arrêter l'abondance des débordements
affectueux dans le coeur de son adorateur.
Elle l'avait plaint si souvent, qu'à présent, à le voir vivre sa vie
à la dérive, sans avoir l'envie de changer quoique ce soit à ses
soucis, sans même penser à se débarrasser de ses vices pour
que son amour s'accomplisse. Angeline, aujourd'hui a décidé
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