Page 105 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          chaud.
          Dix-sept heures. Angeline s'en va.
          Vingt heures. Renaud téléphone. Il rentrera tard.
          - Tu sais pourquoi ?
          - Oui, oui...
          Elle n'aura donc pas agi aujourd'hui...
          Minuit. Elle s'impatiente, assise dans son lit.
          Quatre heures du matin. Elle s'est endormie. D'un geste de la
          main, elle tâte l'oreiller, il n'est toujours pas là.
          Sachant les deux hommes ensemble, sa peur grandit, au fur et à
          mesure que le jour pointe. Elle appréhende le pire. N'avait-il
          pas proféré des menaces ? A-t-il réussi à embobiner son mari ?
          Cinq heures trente. La clé tourne dans la serrure. Elle écoute
          son pas... Lourd, aviné, agressif... puis c'est la chute. Sortant
          précipitamment du ht, elle  le voit,  en bas des escaliers,
          minable, pitoyable, effroyable... Ecœurée, elle tourne les talons
          et va se coucher dans la chambre voisine.
          - SALLY !, hurle-t-il, je t'aime ! Ne m'abandonne pas ! SALLY
          ! La tête enfouie sous l'oreiller, elle ne veut plus pardonner.
          Sa décision est prise, elle appelle ses parents, leur raconte
          l'enfer dans lequel elle vit et dévoile  les  révélations  de
          Florentin, précisant que ces aveux se sont faits sous l'effet de la
          colère.
          Tom sollicite un rendez-vous avec la famille de son gendre.
          Marjorie, mielleuse, fausse,  minimisera  l'importance des
          accusations portant atteinte à son éducation et, avec encore plus
          d'acharnement, trop peut-être, elle se défendra d'avoir entretenu
          l'ambivalence affective des deux garçons.
          -  Croyez-vous Florentin  capable de commettre un acte
          répréhensible grave ?
          - Vous n'y pensez pas ! Il est impulsif, c'est vrai... de là à se
          fourvoyer dans la délinquance, je vous dis NON. Absolument
          pas.
          Quand les deux pères purent converser devant  un café, Tom
          comprit qu'Alfred n'était pas homme à cacher la vérité.  Il se
          montra courtois, légèrement dépassé par les événements, mais
          sincère. Il  jugea sévèrement Renaud, avec  le regret d'avouer,
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