Page 103 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          inquiétude... Vous dites que Florentin et elle se sont disputés,
          ce matin ?
          - Non, je ne peux pas dire cela ! J'étais partie faire une course
          pour Florentin. À mon retour rien n'allait plus.
          - Il ne l'a pas touchée au moins ? s'affole Tom. Rassurez-moi
          Angeline, il n'y a pas touché à ma gamine ?
          - Calmez-vous, je ne le crois pas... Mais il vaudrait mieux que
          vous parliez avec elle.
          - Ne lui dites rien de notre entretien, je lui ferai une surprise
          demain.
          Ni le médecin, ni Angeline ne sortiront Sally de sa torpeur.
          Renaud fit l'effort de revenir plus tôt du bureau,  les bras
          chargés de fleurs. Dès qu'il vit Sally, les yeux cernés et le teint
          gris, il pria pour que Florentin leur accordât un peu de répit,
          bien qu'il manquât déjà dans son logis.
          * * *
          Le choc avait été si brutal que Sally avait mis du temps avant
          de reprendre des couleurs. Ce dont, elle ne se souvenait pas,
          c'était le motif du heurt qui l'avait opposée à Florentin. Il faut
          dire que son entourage ne lui avait guère laissé le temps de
          réfléchir. D'abord Renaud, plus présent, plus aimant... ensuite
          ses parents attentifs, son beau-père, qui l'avait invitée, pour la
          première fois, au restaurant en compagnie d'Albine, même
          Germain, un de ses beaux-frères,  venu lui rendre visite  à la
          boutique. Juste pour un petit mot sympathique.
          Dès que le  fil de  la vie ne zigzague plus,  la  santé de Sally
          s'améliore.  Elle n'apas  revu Florentin, ni  entendu sa voix, ni
          même prononcé son nom, ses spasmes cessent...
          Jusqu'à cette nuit...
          - Chéri, chéri ! ! Réveille-toi !
          D'une ruade, elle se lève et court dans les toilettes. De violentes
          convulsions l'étouffent. Elle panique, Renaud aussi.
          - Florentin a tué Joséphé !...
          - Oh non ! Ca ne va pas recommencer ! Renaud se radoucit :
          - C'était un cauchemar, ma chérie ! Essaie de te rendormir !
          -  Je  t'assure que c'est  la vérité !  Il me l'a  dit le jour de son
          départ. Voilà pourquoi j'ai été choquée... 111'a assassinée !
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