Page 98 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
s'empare de la cage, ouvre la fenêtre et délivre les colombes.
Avec un rictus diabolique, il les regarde s'envoler et remonte
s'allonger dans le couloir. Il s'endort sur la moquette. Nos
amoureux aussi... dans leur lit.
Pas un instant de félicité ne dure longtemps quand Florentin
s'insurge à vouloir nuire.
La nuit fut merveilleuse, la matinée crapuleuse. Renaud, doit
aller travailler. Chantonnant, en pleine forme, il sort de la
chambre... Pour buter dans le corps étendu de Florentin :
- Que fais-tu couché par terre ?
- Je voulais être près de vous !
- Tu n'as tout de même pas passé la nuit ici ?
Sarcastique, Florentin rétorque :
- Vous faisiez un tel boucan !
- Ecoute mon vieux, si les bruits de la maison te dérangent, tu
regagnes tes pénates, auprès de Clara ! J'en ai plus qu'assez de
te voir me dicter ma conduite.
- Fatigué de moi ?
- Oui, de toi !
- Et pas de Sally ?
Renaud, désemparé, se couvre le visage avec les mains :
- Viens, ne la réveillons pas, je vais préparer le petit déjeuner.
Docile, son ami le suit.
C'est au tour de Sally de se lever de bonne humeur. Dans la
chambre voisine, Florentin s'affaire. Sally va donc être
tranquille. S'étirant en bâillant, elle retrouve Angeline, en
service depuis cinq minutes, occupée à préparer son plateau.
- Madame Sally, est-ce prudent de sortir de votre lit ?
- J'ai pris la résolution de saisir au vol les petits bonheurs...
avant de les prendre sans en avoir goûtés suffisamment...
Angeline, où sont les colombes, je ne les entends pas ?
- Je l'ignore ! Ce matin, Monsieur Florentin était près de la
cage... C'est vrai, tiens, elle semblait vide.
- Florentin... près de la cage ?
Sur ces entrefaits, Renaud descend. Tiré à quatre épingles, prêt
à partir, il embrasse Sally et Angeline.
- Merveilleuse nuit, n'est-ce pas Angeline ?
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