Page 95 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          dénoncerai, lâche-t-elle froidement.
          - Pauvre idiote, je t'en empêcherai !
          En proférant ses menaces, il la frappe... de plus en plus fort...
          jusqu'à ce qu'elle ne réagisse plus. Morte. Du sang coule entre
          ses lèvres, de son nez, sur le siège.
          Insensible et sans scrupules, avant de tacher plus la banquette,
          il ouvre la portière et  la balance violemment sur le bord  du
          trottoir, en ayant, auparavant, scruté les alentours pour être sûr
          que la rue est déserte. En trombe, il démarre. Il rejoint des amis
          au club habituel, commande une boisson forte.

          *

          La disparition dramatique de  Joséphé secoue son entourage.
          Personne ne comprend le drame qui a précipité la jeune femme
          dans le caniveau. Elle a été retrouvée par des rôdeurs, tard dans
          la nuit. Son sac avait  disparu. Soit par négligence, soit par
          manque d'effectif, les  policiers  concluent  rapidement à une
          agression par un voleur à la tire. Cette thèse clôt le dossier et
          renvoie les enquêteurs aux autres faits divers.
          Sally ne se contente pas de la version des policiers depuis que
          Florentin est venu la prévenir de l'accident. Ulcérée par le
          manque de combativité des agents, à trouver la vérité, elle n'en
          dort plus. Dans sa tête, le jour, la nuit, c'est une véritable lutte
          acharnée qui se livre entre la réalité et la fiction. Les questions
          qui se multiplient, ses doutes, sur le nom de l'ennemi, la
          certitude que Florentin n'est pas étranger à cette affaire... A-t-il
          vu l'assassin ? Est-il... Non, Sally secoue la tête énergiquement
          pour éloigner de ses pensées l'idée même que l'homme vivant
          sous son toit, malgré sa haine envers lui, puisse être l'ignominie
          personnifiée.
          Il faut l'enterrement pour qu'enfin Sally trouve l'apaisement de
          l'esprit. Quant Florentin, assis à sa droite se met à pleurer. Elle
          a pitié de lui et le console.
          -  Je me sens coupable de l'avoir écoutée... Elle a tellement
          insisté pour rentrer à pied... Je n'avais pas de raison de  m'y
          opposer, n'est-ce pas ?
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